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Jean SULIVAN : Devance tout adieu (1966)

Devance tout adieu                        Jean SULIVAN        1966

  • On ne prie pas pour modifier le monde, mais pour se changer soi-même en face du monde.
  • la montagne et la mer usent d’un langage sans paroles en prise directe sur la chair et le sang.
  • Ce que je cherche, ce que j’ai trouvé, c’est une foi qui inspire la vie, qui se mette à concerner tous ceux qui vont leur chemin.

102. la croix est vide : c’est le « décrucifié »  qu’il faudrait dire . Ce sont des millions de gens chaque jour, maintenant, qui passent dessus, bon gré mal gré.

Lui seul s’est échappé en avant de tous jusqu’à ce qu’il revienne.

125. J’écris pour rendre grâces et peut-être dans cette pensée que ce qui est le plus intime est aussi le plus universel et pour ainsi dire le plus commun.

144/145 Ceux que l’on aime, il vaut mieux leur dire adieu bien longtemps avant l’heure dernière, en pleine santé (…)

Le ciel, l’au-delà, impossible de me les représenter, ce sont des mots.(…)

 la foi n’est pas seulement lumière mais ténèbres aussi.

tout ce qui est gagné sur l’égoïsme, la puissance, l’orgueil, tout ce qui se transforme en amour réel, voilà le ciel.

150. une fois de plus, la  même pensée revient : on s’absente de sa propre mort, jamais de la mort de ce qu’on aime.

157. L’au-delà est ici : par delà le goût de prendre, dans l’amour qui passe le désir, dans l’amour qui veut l’éternité . (…)

j’eusse souhaité que la messe soit un repas. Pas des spectateurs, mais des frères qui participent à la fraction du pain.

173. Nul ne fait son salut , Dieu seul sauve, le croyant comme l’athée (…)

Dieu nous aime sans raison.

181. La musique m’avertissait (…) qu’il y avait un royaume au plus profond de tout homme, infiniment lointain, car alors le lointain et le proche perdaient toute signification, un royaume, une terre que l’on pouvait habiter dans la  douleur et dans la joie…la paix souveraine y régnait.

Notes de lecture de p.M.       

John Shelby SPONG : Jésus pour le XXIème siècle (2007-trad 2014)

Jésus pour le XXIème siècle de John Shelby SPONG (2007- trad 2014)

(Jesus for the non-religious, recovering the divine at the heart of human )

12. C’était la plénitude de l’humanité de J (Jésus) qui permit à ses adeptes de percevoir la divinité qui résidait en lui. Cf Paul : « Dieu est en Christ . »

I. Séparer l’homme Jésus du mythe

29. Les histoires des naissances célèbres sont toujours fantaisistes. Elles ne sont jamais historiques. Après tout, personne n’attend jamais à la porte d’une salle d’accouchement la naissance d’un être grandiose.

49. les parents de J. sont des portraits de fiction.

Il apparaît que Matthieu est bien le créateur de la légende de la virginité de Marie. (Marc lui donnait 7 enfants!)

63. la réalité historique des Douze.

J avait aussi des disciples femmes, qui étaient toujours avec lui, mais qui ne sont nommées sur aucune de ces listes. !

71. les histoires de miracles sont-elles nécessaires ?

Il doit y avoir un moyen d’être à la fois un croyant et un citoyen du XXIème siècle.

Je suis convaincu qu’un D que l’esprit rejette ne pourra jamais être un D que le coeur peut adorer.

Je ne veux pas qu’on me dise que la foi consiste à devoir rester un enfant devant une déité parentale surnaturelle.

…mon voyage spirituel me force à aller au-delà de l’expression littérale d’un monde pré-moderne, si je veux découvrir la réalité de ce Christ qui transforme continuellement ma vie….les événements surnaturels étaient crus universellement dans cette période de l’histoire, et ils imprègnent une bonne partie de la Bible.

Les miracles ne débutent pas avec l’histoire de J, ils commencent dans la Bible dès la Genèse.

76. A. MacLeish dans sa pièce J.B (Job) « Si D est D, il n’est pas bon. Si D est bon, il n’est pas D. » Un D qui est immoral ou impotent, ou les deux à la fois, n’a pas une grande crédibilité.

82. dans un autre livre, l’auteur paraphrase Paul Tillich en disant : »je fais l’expérience de D comme étant le fondement de ce qui est, qui m’appelle à être tout ce que je puis être, et à affirmer la nature sacrée de tout ce qui est. »

86. Sentant que D faisait partie de ce qu’était J, les disciples utilisèrent leurs épisodes des miracles sur la nature pour démontrer la présence de D en J…La notion de compte-rendu mot-à -mot est, ne l’oublions pas, une notion essentiellement moderne.

119. Aucun des mots ou détails utilisés pour décrire la crucifixion ne provenait de la mémoire de témoins oculaires. Ils provenaient des anciennes paroles des saintes Ecritures hébraïques et furent utilisés quasiment mot à mot…Marc utilisa les Ecritures pour relater le moment crucial de l’histoire de J.

143. la vie éternelle au sein des mythes.

L’histoire de J, y compris la narration de sa résurrection, est une invitation à voyager au-delà des limites humaines…dans la réalité d’une expérience que nous appelons D, qui n’est pas au-dessus du ciel, mais qui se trouve dans les profondeurs de la vie…

144. l’explication traditionnelle de l’expérience de J est en train de mourir. Toute explication meurt quand meurt son époque.

Toutefois, la mort de l’explication nesignifie pas la mort de l’expérience ! Notre tâche consiste à séparer l’expérience éternelle de son explication première, qui elle est rattachée à son temps, qui en est le reflet.

II. Les portraits de Jésus

149. L’idée que la vérité suprême de D puisse être réduite à des Credo ou à des formules doctrinales est à la fois grotesque et spirituellement suicidaire.

161. Les questions que l’on se pose dans notre monde ne sont pas les bonnes questions. Aujourd’hui les gens demandent : »les choses décrites dans les Evangiles se sont-elles passées ainsi ?.. » En fait, la bonne question pour avoir accès à cette ancienne tradition est : »qu’y avait-il à propos de J de Nazareth qui fit que ses disciples originaux l’enrobèrent des histoires sacrées de leur passé juif ? « 

204. Au « séminaire de J » de 1993 , les participants ont considéré qu’environ 84 % des paroles de J et des faits et gestes rapportés dans les Evangiles n’avaient pas de valeur historique. Ils ont au contraire été jugés comme le produit de la communauté de l’époque.

Mais ce n’est pas vraiment une tragédie d’avoir perdu le J historique…

Il y avait quelque chose en lui qui leur a donné la conviction que le D auquel ils croyaient était présent en lui, en quelque sorte que ce D était avec le J qu’ils avaient connu. C’est précisément ce que nous devons sauvegarder.

212. Le principe d’organisation de l’évangile de Marc n’est basé ni sur la mémoire de témoins oculaires, ni sur des données historiques. Mais il consiste à raconter les épisodes de l’histoire de J de manière appropriée à l’année cultuelle juive, que les disciples ont observée en tant que fidèles à la synagogue pendant la période de tradition orale.

216. Marc, Matthieu et Luc ont considéré que l’activité de J avait duré un an (alors que Jean dit 3 ans…) Un an correspondait au cycle cultuel juif auquel les histoires de J ont été rattachées.

III. La vie de Jésus revisitée.

227. quel est le D rencontré en J ?

La définition théiste de D n’a jamais concerné D lui-même : il s’agit toujours des besoins des hommes qui aspirent désespérément à croire à un système qui leur permettrait de vivre sans éprouver l’angoisse inhérente à la vie humaine.

Par conséquent, le théisme peut mourir sans pour autant que D ne meure.

239. les sources de la haine religieuse.

Michael Goulder : » le D théiste est devenu aujourd’hui « inemployé » au chômage » ; ce D n’a plus aucun travail réel à faire !

240. Jean X,10 :« moi je suis venu pour que les hommes aient la vie, et qu’ils l’aient en abondance.« 

261. un autre « portrait » de Jésus : celui qui a brisé les frontières tribales .

Un appel à partager avec tout le monde la puissance vitale de l’amour qui élève toujours la vie humaine, qui nous rend aptes à franchir les barrières du besoin de sécurité qui nous a de tout temps emprisonnés.

266. Jésus, celui qui a brisé les préjugés et les stéréotypes.

Je conçois J à présent comme celui qui nous appelle à faire partie d’une nouvelle humanité. Le salut ne consiste pas à confirmer notre état de pécheurs, mais à nous donner de pouvoir atteindre une nouvelle conscience qui dépasse tout sentiment d’imperfection.

276. Il nous faut encore et toujours éliminer l’image d’un J qui serait descendu sur Terre comme un sauveur céleste, et examiner ses actes, décrits dans le nouveau Testament(…) par exemple, il a montré envers la Samaritaine un respect et une dignité qui élevèrent cette femme vers une nouvelle dimension, celle d’un être totalement humain.

279. je crois que certains arguments sont assez solides pour évoquer la possibilité que J et Marie-Madeleine aient été mari et femme. ( cf son livre : »Né d’une femme »)

280. C’est dans l’humain que nous pouvons faire l’expérience du divin…Dans la plénitude de l’humanité de J, nous pouvons ressentir ce que signifie de vivre au-delà des barrières de l’être humain issu de l’évolution …nous y découvrons ce que Paul Tillich proposait en guise de définition de D : « le fondement de ce qui est « 

290. Jésus celui qui a brisé les frontières religieuses.

En réalité le divin nous parvient toujours d’ici, d’en-bas, de la Terre.

D n’arrive pas d’une sphère céleste localisée au-dessus du ciel, qui descendrait et pénétrerait la vie humaine.

293. D est une force vitale qui s’épanouit dans la nature humaine, jusqu’à ce que l’humanité soit libérée de ses barrières, préjugés….cette nouvelle définition a déplacé notre ancienne vision d’une force externe à la vie en quelque chose qui se trouve en son centre…

294. J était à même d’ouvrir l’esprit des gens à cette dimension transcendante de la vie, de l’amour et de l’existence que nous appelons « Dieu »….

Etre chrétien, selon les paroles de Bonhoeffer, ce n’est pas être une personne croyante mais une personne épanouie. J est le portrait de cette plénitude, c’est pour cela qu’il est pour moi, grâce à son humanité totale, l’expression ultime de D.

300. La Croix, un portrait humain de l’amour de Dieu.

Comment était-ce possible que D pût refuser le message de J, un message de pardon, et d’amour ?…à mon avis, cette tension interne a dû être une des raisons qui expliquent le temps considérable qui s’est passé entre la Crucifixion, l’expérience qui avait donné naissance à cette tension, et la Résurrection, qui fut finalement l’expérience au cours de laquelle cette tension prit fin. (attention : l’expression « trois jours » n’est qu’un symbole liturgique…)

307. Les auteurs des Evangiles ont fait le portrait de quelqu’un d’épanoui, pleinement humain, qui n’a aucun besoin de haïr ou de blesser…quelqu’un qui possède sa vie à un point tel qu’il a été en mesure de l’offrir.

308. La croix est l’endroit où celui qui était si pleinement vivant a pu offrir aux autres tout de qu’il était ; par cet acte, il nous rendit visible tout ce que nous comprenons par le mot « dieu ».

« D est en Christ » : les gens avaient rencontré D en lui, et nous le disons avec eux, parce que la vie, l’amour et l’existence coulaient au travers de la plénitude de son humanité .

Vue sous cet angle, la croix n’est pas un lieu de torture et de mort, c’est le portrait de l’amour de D qui peut être aperçu quand on peut offrir tout ce qu’on est et tout ce qu’on a…

D consiste à vivre, à aimer et à être.

L’appel de J n’est donc pas un appel à être croyant …

L’appel de D en J, c’est un appel à être pleinement humain(s)

309. Quand J sera libéré de la prison du concept religieux, une renaissance et une réforme deviendront possibles. 

L’homme Jésus apparaît à l’horizon.

Mon ami J.Hines me disait « quand vous entreprenez une chose audacieuse, ne vous mettez pas à trembler devant votre propre audace ! »

313 Epilogue (un sermon de SPONG en 1974) « Christpower » = le souffle du Christ

Regardez-le !

Ne regardez pas sa divinité, mais regardez plutôt sa liberté.

Ne regardez pas les histoires exagérées de son pouvoir, mais regardez plutôt sa capacité infinie à se donner à autrui.

Ne regardez pas la mythologie du premier siècle qui l’entoure, mais regardez plutôt son courage d’être, sa capacité de vivre et la qualité contagieuse de son amour.

Arrêtez votre recherche frénétique !

Arrêtez-vous et sachez que c’est là Dieu : cet amour, cette liberté, cette vie, cet être ;

et quand vous serez accepté, acceptez-vous vous-même ;

quand vous serez pardonné, pardonnez-vous vous-même ;

quand vous serez aimé, aimez-vous vous-même.

Saisissez -vous de ce souffle du Christ, et osez être vous-même !

Je crois que c’est là la voie vers Dieu,

le Dieu que j’ai rencontré dans ce Jésus si profondément humain.

Shalom !

Notes de lecture de p.M.     

John Shelby SPONG : Né d’une femme (1992)

Né d’une femme                        J.S. SPONG   (1992,  trad . 2015)

Conception et naissance de Jésus dans les évangiles.

  1. Comment  pouvons -nous dépasser les préjugés patriarcaux et  les a  priori masculins pour lire, écouter  et interpréter cette histoire de manière plus objective ?

26 .Puisqu’elle est connue sous le nom de « la vierge » , elle a contribué à ce schéma particulièrement chrétien qui consiste à considérer les femmes principalement en termes de fonctions sexuelles  (…) Les femmes sont définies non pas d’abord comme des personnes  et ensuite comme des êtres sexués, mais d’abord et avant tout  comme des « femelles » dont la sexualité détermine l’identité.

36. Dans notre monde moderne,le littéralisme n’est rien moins qu’un ennemi de la foi en JC.

39.  Pourquoi la femme réelle qui était aux côtés de  Jésus pendant sa vie et lors de sa mort  a été remplacée dans l’histoire chrétienne par  une femme irréelle et asexuée ?.

(…) Dois-je être pré-moderne et empli de préjugés pour être chrétien ? ou dois-je quitter le christianisme  pour échapper à mes préjugés et prendre au sérieux mon monde postchrétien ?

44. Aborder l’histoire à travers le midrash.

Le midrash représentait les efforts faits par les rabbins pour interroger, provoquer et  disséquer les Ecritures sacrées à la recherche des sens cachés.

45. Notre culture (…) demande «  cela s’est il vraiment  produit ? » Les auteurs bibliques impliqués dans la tradition midrashique tentaient de répondre à  une question assez différente : « qu’est- ce que cela signifie ? »

47. le seul fait historique évident est que Jésus.est né. (…) Les récits de naissance de Mt et Lc doivent être vus comme des tentatives midrashiques pour interpréter la puissance et l’impact du J. adulte.  

  • Né d’une femme , le témoignage de Paul  cf Galates 4/4
    • l’hypothèse  de Paul est que la naissance de Jésus était complètement normale et totalement humaine.

55. Du scandale de la croix au scandale du berceau

65. il y avait une beauté indéniable dans ce J, qui était réellement «  l’homme pour les autres. » (D Bonhoeffer) (…) ¨Pâques éclata non pas tant avec un miracle externe surnaturel, mais avec l’aurore de la prise de conscience interne que cette vie de J reflétait une nouvelle image de Dieu, une image qui défiait la sagesse conventionnelle et qui interrogeait le roi exalté qui jusque -là était l’image principale à travers laquelle Dieu pouvait être compris.

Les scènes de la naissance de Jésus ont  été fixées dans nos consciences et nos inconscients à travers des trésors artistiques, des chants et des cantiques de Noël  et des spectacles annuels..

71 .Avec le temps, le récit de la naissance virginale rejoindra l’histoire d ‘Adam et Eve et celle de l’Ascension cosmique aux rayons des éléments clairement reconnus comme des données mythologiques de notre foi, dont le but n’était  pas de décrire un événement réel, mais de capter les dimensions transcendantes de Dieu sous des mots terrestres et des concepts d hommes du Ier siècle.

Dire de ces récits de naissance qu’ils sont mythologiques n’est pas rejeter leur vérité. (…) Le langage de la poésie et du mythe est devenu le langage utilisé par ceux qui cherchaient à décrire la rencontre divino-humaine qu’ils pensaient avoir vécue.

76. La naissance du christianisme a été un événement de Pâques et non un événement de Noël.

Les récits de naissance de Mt et Luc ne disent rien de factuel au sujet de la naissance de J. (…) Personne n’attend dans une maison ou dans une salle d’hôpital qu’un grand homme naisse. (…) Dans l’histoire, les récits de naissance autour d’une personne se développent seulement quand sa vie adulte devient significative pour son peuple ou pour le monde en général .

161.Je pense que son contenu est d’abord un spectacle interprétatif qui  a charmé des publics bien avant que l’évangile de Luc ne soit écrit.

169. Est  il probable qu’un homme ait mis sa femme presque à terme sur un âne et l’ait forcée à parcourir les 160 km (environ) de Nazareth à Bethléem ? Comme une exégète  féministe l’a remarqué : «  Seul un homme qui n’a jamais eu de bébé  a pu écrire ce texte ».

198. Je me demande si Jésus serait moins le Christ de Dieu, le Verbe incarné, si sa naissance a été naturelle? Si Joseph n’était pas son père? S’il était illégitime ?

203. Il n’y a qu’un seul fait littéral réel dans les credo historiques de l’ Eglise

«  il a souffert sous Ponce-Pilate, il a été crucifié, il est mort et il a été enseveli. » Cette phrase est celle qui relie le christianisme à l’ Histoire. Tout le reste dans les credo constitue une  tentative pour mettre en mots une expérience de Dieu qui est au-delà de Histoire. (…) Les credo sont aussi une confession de foi élaborée dans une vision du monde pré-moderne, celle d’un univers à trois étages, qui ne fait pas sens pour les générations de la conquête spatiale.

220.  (cf Jean XX, 15 ) dans la société juive du Ier siècle, réclamer le corps d’un mort, serait totalement inapproprié,  à moins que la femme soit la plus proche parente .

Marie -Madeleine est la figure féminine primordiale dans le récit évangélique .

Le coût du mythe de la vierge 

230. Dans les deux évangiles les récits de naissance ont installé l’Esprit-Saint à la place occupée normalement par le père ou l’agent masculin, faisant ainsi de la définition masculine de l’E-S la définition dominante. (….) c’est ainsi avec un Dieu défini de manière écrasante comme masculin que le christianisme a entrepris son voyage à travers l’histoire.

245. L’émancipation des femmes provient principalement  de ces endroits du monde où la Réforme protestante a mis à terre les stéréotypes sexuels  de la vierge Marie et de la mère Eglise.

247. Oui les idées ont bien des conséquences. (… ) Parce que Mt et Luc, pour diverses raisons, ont placé une vierge dans leur histoire concernant les origines de J, les femmes, depuis des siècles, paient selon moi un prix très élevé .

248. L’aspect féminin de Dieu, si longtemps refoulé par le patriarcat  masculin, fait un grand retour vers notre conscience, balayant nos préjugés masculins et même nos définitions masculines de la femme idéale.

249. Seule survivra une Eglise qui parviendra à se libérer de sa définition sexiste à l‘égard des femmes, considérablement ancrée dans la tradition de la vierge Marie. 

Notes de lecture de p.M.       

Jean CARDONNEL : Non à l’intolérable (1968)

NON à l’intolérable                                  Jean CARDONNEL

                                                                               (1968)

16. Dieu, c’est l’exigence de la transfiguration de notre monde pour qu’il devienne non pas l’autre monde, mais un monde autre.

18. alors la foi ? C’est le sens , c’est le sentiment de l’intolérable…Dieu nous inquiète, Dieu nous presse jusqu’à faire surgir notre toute fragile et épuisante liberté.

21. notre péché de chrétiens, c’est de vouloir rester purs, de vouloir rester propres…

n’ayons pas peur de mélanger Dieu dans son Christ à toutes les affaires de ce monde.

37. ..participer à l’avènement d’un monde autre ..qui nous montrera que l’évangile de Jésus-Christ, ce n’est pas d’abord une doctrine, c’est un fait.

38. « je ne sais qu’une chose, j’étais aveugle et maintenant j’y vois. »

47. l’humour est inséparable du  croyant (et de l’ « aimant »…) il n’existe jamais d’amour sans humour.

49. il faut vouloir aimer tous les hommes…et cet amour universel ne s’éprouve pas d’abord au niveau des sentiments, mais cet amour se prouve, cet amour s’incarne dans les faits, dans les actes.

63. tout homme , toute femme attend celui ou celle qui le révélera, qui le manifestera au plus profond de lui-même,…au plus tendre de son être.

Il ne s’agit plus là de « maître » au sens de celui qui exerce un empire, qui fait plier, mais il s’agit du révélateur de toujours plus d’humanité. 

66. Dieu n’est pas le tout-puissant, mais il est la passion du monde…si vous voulez, il est le « souffre-tout ».

77. la religion, sous une forme ou sous une autre me présente un « dieu-chef », un dieu autoritaire, …alors que la Révélation m’offre un libérateur…

cf Amos 5, 21-24,  Jérémie 7, 11-14,  Isaïe 58, 1-8

80. la plus grande menace qui pèse sur nous, c’est la menace d’une existence sans passion.

85. dans tout l’Evangile, Jésus ne dit  jamais aux hommes : « je te sauve, je t’ai sauvé » …il dit : » va en paix, ta foi t’a sauvé »…je te respecte à un point tel que je te constitue toi-même, homme, par ta foi, ton propre libérateur.

100. la mort est toujours désarmée par celui qui choisit autre chose que lui-même :

la résurrection n’est pas un miracle,

la résurrection c’est la logique de l’amour fraternel.

Notes de lecture de p.M.

Des livres à partager

Des livres à partager

 

La liste qui suit n’est pas exhaustive. Merci de la compléter par vos lectures.

 

La Bible, en particulier la Parabole du Fils prodigue Luc XV , 11-32

Le sacrifice interdit – Marie Balmary 1999

Nous irons tous au paradis – Marie Balmary et Daniel Marguerat 2012

La source que je cherche – Lytta Basset 2017

Le soin du monde – Claire-Anne Baudin 2007

Lettre au monde musulman – Abbdennour Bidar 2015

Liturgie : pourquoi tant d’histoires ? Nicolas de Brémond d’Ars 2014

Comprendre l’Islam – Adrien Candiard 2016

Le Royaume – Emmanuel Carrère 2014

Plaidoyer pour un nouvel engagement chrétien -PL Choquet, Jean-Victor Elie, Anne Guillard – 2017

Le Christianisme n’existe pas encore – Dominique Collin 2018

L’Evangile Inouï – Dominique Collin 2019

Le repas aujourd’hui… en mémoire de lui – Georges Convert 2004

L’archipel Français – Jérôme Fourquet 2019

Saint Marc, l’histoire d’un choc- David-Marc d’Hamonville 2019

Une vie Bouleversée – Etty Hillesum  1981

Réflexions sur l’antisémitisme Delphine Horvilleur 2019

Paul l’apôtre qui respirait le crime – Jean-Michel Hirt 2014

Une seconde vie – François Julien 2017

Les ressources du christianisme – François Julien 2018

Vie et destin de Jésus de Nazareth – Daniel Marguerat 2019

Memoria passionis – Jean Baptiste Metz 2009

L’esprit du christianisme – Joseph Moingt 2018

Faire bouger l’Eglise catholique – Joseph Moingt 2012

Croire quand même – Joseph Moingt 2010

L’Autre Dieu. La Plainte , la Menace et la Grâce – Marion Muller-Colard 2015

Le complexe d’Elie – Marion Muller-Colard 2016

L’intranquillité – Marion Muller-Colard 2016

Jésus, approche historique – José Antonio Pagola 2012

Laudato Si – Pape François 2015

Amor Laetitia – Pape François 2016

Lettre au peuple de Dieu – Pape François 2018

Les pieds dans le bénitier – Anne Soupa et Christine Pedotti 2010

Jésus, l’Encyclopédie – Christine Pedotti, 2017

Jésus, l’homme qui préférait les femmes – Christine Pedotti 2018

Faut-il faire Vatican III ? – Christine Pedotti 2012

Faites le plongeon – Thimothy Radcliffe 2012

Une contre-révolution catholique- Yann Raison du Cleuziou 2019

Vivant jusqu’à la mort – Paul Ricoeur 2007

Jésus pour le XXI ème siècle – John Shelby Spong 2013

La résurrection, mythe ou réalité ? John Shelby Spong 2016

Une confiance sans nom – Didier Travier 2017

Loïc de Kerimel : En finir avec le cléricalisme (2020)

EN FINIR AVEC LE CLÉRICALISME
Loïc De Kérimel
(Seuil, 2020)

Ce ne sont que des notes de lecture, surtout pas un résumé

Jésus :
pas de hiérarchie;
divin = capacité de l’humain.
Égalité hommes / femmes
Accueil de l’autre, sans restriction

Cléricalisme :
Re-création, dès le IIIe s, des rites et du pouvoir des rabbins juifs. Célibat requis.
Anti judaïsme chrétien
Domination d’origine sacrée, donc indélébile
Péché contre l’esprit. Culture de l’abus
Supériorité hommes / femmes
Messe:  proche de l’idolâtrie !
Eucharistie : sacrifice. Réservé aux clercs

Avenir :
Des prémices ou exemples : Luther (tous consacrés par le baptême), monachisme, Vatican II (bien qu’inachevé), œcuménisme, Mère Thérèsa… , pape François,

Passer du sacré au saint
Fraction du pain: en mémoire du Christ
Communautés post-cléricales: Partage de la Parole et du Pain
L’avenir n’est pas au sacré, mais à la spiritualité tournée vers l’autre. Ressusciter Jésus ici et maintenant. L’Eglise: un réseau pour le Royaume.
Femmes prêtres (s’il faut qu’il reste des prêtres !) et à toute forme de fonction.
Le bon berger dépose sa vie pour ses brebis.
Décléraliser les laïcs !
Humanisme chrétien (vivre comme Jésus a vécu)

Gilles Duchêne Notes de lecture  janvier 2021

Yves BURDELOT : Devenir humain (2003)

Devenir humain Yves Burdelot (2003)
La proposition chrétienne aujourd’hui

54. Seule une parole d’amour peut fonder le sens de l’existence humaine.
61. selon Mouhoud Mahem : « un homme c’est quelqu’un qui va quelque part. Quand il ne va nulle part, il meurt ou il tue. »
63. Croire en l’homme c’est croire en l’homme qui est à faire.

76. il n’est de liberté que dans l’expérience de libération d’un esclavage….
248 -249. il faut inverser l’ordre traditionnel des « principes républicains. » : liberté-égalité fraternité :
primat donné à la fraternité ..pour que le service de la dignité des plus faibles devienne la pierre de touche d’une véritable égalité entre personnes humaines vraiment et enfin libres !…
l’humble amour du prochain, où »Dieu » même se reconnaît et se donne à connaître, porte en soi le salut du monde. (et ce n’est pas le fait des seuls chrétiens !…)

104.pour être fidèle au « Dieu » qui lui parle, jésus est conduit à se démarquer des comportements religieux officiels.
106. M.Bellet : « son arme est d’être jusqu’au bout ce qu’il est : l’homme qui sait aimer « …la puissance, désormais, de l’homme sur l’homme ne peut être que service de l’homme.

137. Dieu , ce mot dangereux.
L’affirmation chrétienne…c’est en reconnaissant l’existence humaine de jésus et en adhérant au type d’humanité dont il a donné un témoignage sans faille qu’on est invité à croire à l’existence d’un amour éternel- et personnel comme tout amour véritable-qu’à notre tour nous nommerons « Dieu ».
165. J.Cardonnel : »aucun parti, aucune église ne pourra réduire à l’état de vérité définie la question infinie. »
178. « dieu est amour » (jean, I,4-8) -c’est la seule définition de Dieu en bonne et due forme qu’on trouve dans le nouveau Testament.
…les 3 mouvements de tout amour : le don total de soi, la réception qui l’exprime et la reconnaissance joyeuse qui les unit en un va -et -vient incessant.

182. un dieu qui nous libère de Dieu.
Cf Maître Eckart : « je prie Dieu de me délivrer de dieu »
183. J.Moingt : » Dieu sort de l’enceinte du sacré (temple) où il était enfermé….avec le procès et la mort de jésus,s’opère une sortie de Dieu hors de la religion et une entrée de dieu dans le monde profane des hommes. »
J.Cardonnel : » Dieu est mort en jésus-christ ! »
213.Croire , c’est estimer, à la suite de jésus, et fortifié par la rencontre de la Parole vivante qu’il est, qu’une certaine façon vivre la vie humaine est juste et conduit à la meilleure réalisation de soi (=bonheur…)
cf Gesché : » désensabler la force d’amour (la source) qui, au plus intime de moi-même, est présence de Dieu »
298. l’atelier. Le lieu où l’on s’entraîne ..
la communauté doit être à la fois l’expression de ce qu’elle croit et un mode de rapport entre ses membres qui opère en eux ce qu’elle annonce.
317. la vie profane est le lieu de la foi chrétienne.
Le seul véritable culte que nous devions rendre à Dieu, est de construire des lieux de vie à taille humaine où l’homme(individu et société)grandisse.

329. un itinéraire pour aujourd’hui :
le CREDO à l’envers (ou remis à l’endroit!)
ou:les affirmations de la foi dans un ordre possible d’apprentissage.
336-337 (= la proposition extraordinaire de Y.B.)

Je crois à la vie nouvelle que rien ne pourra détruire,
ni la mort, ni le péché.
Je le crois parce que je l’expérimente déjà dans le partage communautaire,
qui doit s’ouvrir pour réaliser l’assemblement universel des croyants.
Je crois en l’Esprit qui m’ouvre aux autres -et me révèle à moi-même- à travers cette tension vers la communauté humaine.
Je crois en Jésus le Messie.
En lui cette vie nouvelle a été manifestée à la perfection.
Identifié à la source de tout amour, il est désormais le modèle de tout amour.
Je crois que cet homme est vivant parce que ceux qui ont partagé son histoire, qui l’ont vu vivre, souffrir et mourir ont fait l’expérience, après Sa mort, de cette vie « ressuscitée ».
Je crois, comme eux, que cet homme, visage de Dieu, né d’une femme, et seul Seigneur des humains, venait de Dieu.
Dans cette foi, je crois au Dieu-qu’il-appelait-son-Père,
en qui je reconnais la Source de toute vie,
le Créateur et la destinée du monde. »

Notes de lecture de p.M. (2003 et 2016)

Gérard BESSIERE : L’éternité affleure (2014)

L’éternité affleure                                     Gérard BESSIERE , 2014

(extraits choisis par Pierre M,2016)

  1. Je cherche les fissures de nos vies, qui laissent passer ce qui en nous est plus réel que nous.

Je guette l’éternité. ..au plus intime, « l’éternité affleure ». Elle n’a pas d’âge.

21.j’aime le soir et sa bonté bienveillante.Les vers de Rilke me reviennent en mémoire:

« le crépuscule, cette tendresse de l’espace, pose ses mille mains sur mille têtes. »

 

  1. je revois souvent la grosse fleur dans le paysage brûlé. Symbole ? Dans les déserts de nos foules, dans les déserts de nos existences, y a-t-il des fleurs inattendues qui soulèvent les carapaces et libèrent un avenir fragile ?

 

  1. Job élève la plainte déchirante de l’humanité dans l’opacité cruelle de son destin.

Il nous donne d’entendre la réponse: elle n’est pas dans les explications morales ou religieuses, elle est dans le silence et le mystère….

Jésus ne donnait pas de réponse sur l’origine du mal…mais il allait vers les malades et les méprisés, il luttait contre tout ce qui pèse sur l’humanité.

  1. dans la vie des hommes, il y a aussi des êtres discrets…qui fécondent sans le savoir l’existence des autres, (comme des abeilles…) sans jamais renoncer malgré les horreurs qui s’abattent sur les personnes et sur les peuples . Ils semblent parfois marginaux,isolés, mais ne sont-ils pas les abeilles qui font naître des avenirs ?

 

  1. l‘éternité n’est pas un « après la mort » qui durerait toujours, un temps sans fin.

La transcendance n’est pas un « au-dessus », l’état supérieur, inaccessible, du réel.

L’une et l’autre -faut-il les séparer ? » sont dans notre vie, « ici et maintenant ».

 

  1. Reste à accepter en paix l’ignorance,…à oeuvrer à notre mesure à la montée humaine,…à nous émerveiller de l’amour, de la beauté…à ouvrir enfin les mains dans l’attente de L’Ultime. Et à tenter de parler pour ne pas se taire ?

78.D.Bonhoeffer : »Dieu nous faitsavoir qu’il nous faut vivre en tant qu’hommes  qui parviennent à vivre sans Dieu » ( cf Marc, XV,34)

  1. je cherche : le brouillard recouvre parfois même le paysage proche et m’immobilise, avant qu’une éclaircie ne m’invite à reprendre la marche.

 

  1. Al Hallaj, mystique musulman, crucifié en 922 à Bagdad, chantait à Dieu :

 « tu es le rythme de mon souffle, et le nœud de mon être. »

 

  1. j’ai vu s’éloigner en moi cette séparation entre croire et savoir qui m’avait toujours gêné. Désormais ma démarche intérieure conjugue la foi et la raison .
  2. pour Jésus, la « foi » n’était pas l’adhésion à un corps de doctrines. Elle était un acte de confiance dans le prophète qui voulait guérir les hommes de tout ce qui les accable.
  3. la fraîcheur vive de l’Evangile est ma « bonne nouvelle » quotidienne, inépuisable, qui déborde toutes les formulations .

148-149 . j’écoute le silence de l’avenir au coeur secret des humbles graines.

(« le Royaume de Dieu est comme un grain de moutarde… »)…

Terre et ciel, épousailles,

Mystère de vos vies,

Comment dire en nos mots l’indicible Présence ?

Eugen DREWERMANN : Dieu immédiatement (1995)

Dieu immédiat                                          Eugen Drewermann       (1995)

 

  1. le plus important dans ma vie :

que l’on en vienne à vaincre la peur par la confiance et l’amour.

  1. les textes évangéliques sont tous vrais, à condition de les interpréter avec justesse, c’est à dire selon l’humanité.
  2. le paradoxe est que le Christ n’a pas voulu souffrir : il voulait rendre les hommes heureux .
  3. c’est une véritable éclosion qui se produit lorsque deux personnes s’aiment vraiment.
  4. la Bible relate certaines expériences déterminantes à la manière du poète, et non du journaliste.
  5. toute l’histoire de Jésus avec le Vendredi saint pour point culminant, on l’a interprétée selon une représentation sacrificielle archaïque à laquelle Jésus n’accordait pas foi !..

108 . Jésus fut proprement « médiateur de l’immédiateté » – l’immédiateté des hommes admis à rencontrer sans intermédiaire un Dieu lui-même toujours immédiat.

Nul signe qu’il ait voulu instaurer une nouvelle instance entre Dieu et l’homme …

  1. Jésus est vivant en tout homme qui, par laconfiance, se met en état de vaincre la mort ;..

en tout homme qui, en regard de la haine, s’efforce de susciter l’amour.

  1. Matthieu XXV : l’enfer n’est pas brûlant, il est froid. A bien entendre les paroles de Jésus, l’enfer n’est autre que la distance entre les hommes.
  2. le fruit de l’amour c’est la joie qu’on y trouve, et le bonheur de voir quelqu’un revenir à lui-même.
  3. sur le plan religieux, le terme « croire » revêt une autre dimension, j’irai jusqu’à dire que l’énergie dont il est chargé est liée à la personne. L’on ne dit plus « je crois que » mais « je te crois », et plus précisément encore «  je te fais confiance ».

Par là on reconnaît l’autre comme base et fondement d’une relation.

  1. je ne puis croire que la volonté de Dieu puisse être chose extérieure à la manière d’un ordre que le père donne à son enfant…c’est la volonté de Dieu que les hommes soient heureux …
  2. pour tout historien, pour tout psychologue des religions, la papauté de Rome, telle qu’elle fonctionne actuellement, n’a rien à voir avec l’homme de Nazareth ;

elle ressemble à s’y méprendre aux Césars romains….

  1. si donc j’ai appris beaucoup de cette Eglise, j’ai eu besoin aussi de longues années pour désapprendre ce que j’avais reçu.
  2. Effrayant est ce vieillissement prématuré des jeunes travaillés d’une peur constante face à l’avenir, face à la mort.
  3. le temps est révolu où l’on pensait que l’homme a droit, pour démontrer son pouvoir, à « posséder » une femme.

Aussi bien le pouvoir que la possession sont des réprésentations absurdes dans le domaine de l’amour. Certes il n’est pas de plus grand pouvoir que celui de l’amour, mais il consiste justement dans le fait de renoncer à la domination extérieure …lorsqu’il s’agit d’appartenance intérieure réciproque, non seulement l’influence sur l’autre ne diminue pas, mais elle grandit…

  1. l’amour humain ne va pas à déclarer : tu es le meilleur absolument -mais bien tu es pour moi le meilleur.

Pour les hommes, ce qui importe, n’est pas tant d’être premier que d’être celui qui convient, engagé avec l’autre dans un rapport de connexion secrète.

  1. Jésus n’a pas été prêtre, mais, de par sa stature, prophète.
  2. …le malheur est que la théologie morale de l’Eglise catholique ait présenté l’exercice de la sexualité comme un péché.
  3. ..ce que l’on veut dire en affirmant que Jésus a vaincu la mort : la mort, en lui, cesse d’une certaine façon d’être l’instance ultime qui dispose de l’homme.
  4. on ne peut aider autrui qu’à condition d’apprendre à percevoir et à recevoir le monde de l’autre.
  5. l’athéisme est la nécessaire destruction des images surannées de Dieu. Une nouvelle étape dans le « chercher » humain. Un orage purificateur qui met à bas la superstition….c’est cela même qui fait la véritable religion : la main de Dieu qui nous porte, et non pas la corde à laquelle nous nous accrochons.

Notes de lecture de p.M.

Jean SULIVAN : Le plus petit abîme (1965)

Le plus petit abîme                                         Jean SULIVAN   (1965)

 

 

  1. Un chrétien qui a quelque conscience de ce qu’il est ne peut être qu’un rebelle.

Rebelle à quoi ?…aux moeurs du monde….les rebelles sont le levain du monde. Ils  ne s’absentent que pour être autrement présents,constituer des sociétés réelles d’amis.

 

53.Le royaume n’est ni à l’Orient, ni à l’Occident, mais dans le coeur profond de l’homme.

 

  1. On n’aime pas sa vie. On a peu de délire, on ne porte qu’une toute petite musique en soi, qu’on économise, des ritournelles. On cherche de la joie hors de soi parce qu’on n’a pas le courage de la trouver en soi. …Ne t’effraie pas, tu portes toute réalité en toi, toute joie au plus profond de toi, à l’instant même.

 

104.Analyser n’est presque rien, c ‘est éprouver qu’il faut. La littérature, la philosophie qu’ai -je à en faire, si elles n’entrent dans ma vie, ne la soulèvent ?

 

  1. La vie ruisselle. Dieu veut d’abord que tu vives . Cesse de te torturer de ne savoir faire comme les autres ; sois ce que tu es.

Comme un arbre qui pousse ses feuilles, ses fruits,  ses oiseaux. ….joue ta musique .

  1. ….On est complices, Dieu et moi. Vis ta vie, chante ta musique,

laisse-moi faire les comptes, je ne sais pas compter !

 

156.Un homme vous dit : « j’ai perdu ma femme. » ….votre femme appartient à elle-même. On ne perd jamais personne.

 

  1. Dieu est venu incognito dans le monde, pourquoi ses ministres devraient -ils « tirer l’oeil »?(= par leur habit …)

 

  1. L’expérience hindoue aboutit au Soi dans lequel il n’y a plus dualité entre Dieu et Je. L’expérience chrétienne aboutit au Tu, Abba, Père, dans l’Esprit-saint.

Ce n’est pas une proclamation à faire mais une expérience à réaliser.

 

254.Seul l’homme qui ne vivra plus seulement au dehors sera l’homme libre. (…) l’homme qui vit en son lieu .

 

265.Ceux qui s’aiment n’ont nul besoin de se dire « adieu » (dans les gares…)..

la proximité sépare autant, ou plus  ;

l’espace et le temps ne défont que ce qui n’existait pas .

Notes de lecture de p.M.