En Sarthe des Chrétiens en Marche, des liens avec la CCBF

Archives de la catégorie ‘Témoignages’

« Poussé par l’Esprit… »

Xavier est prêtre. Cela ne s’est pas toujours su. Le soir venant, il lui importait de ne pas laisser dans l’ombre ce qui à ses yeux a donné et continue de donner sens et consistance à sa vie. Il saisit l’opportunité offerte par l’atelier « mémoire de prêtres » récemment ouvert par la CCBF. « Le vent souffle où il veut… » : le récit qu’il nous livre témoigne d’une vie fortement enracinée dans son époque en même temps que constamment sensible à la mouvance de l’Esprit.

Alors que plus d’un en auraient été démoralisés à vie, les épreuves de l’enfance – santé, conflits familiaux, pédagogie d’un autre âge – ont été pour lui le terreau sur lequel a germé et s’est déployé le sens d’un appel que quelques accompagnateurs inspirés – Etienne Charpentier, Henri Lemaître entre autres – n’ont pu que confirmer et qui ne s’est jamais laissé empoisonner par le ressentiment.

C’est sans fausse pudeur que Xavier évoque quelques-­‐uns des grands engagements qui ont ponctué son existence. Grands… pas nécessairement du fait de leur notoriété, mais en raison là encore du mouvement porteur. Ainsi l’épisode où, du grand séminaire de Laval, on le voit voler au secours de l’une de ses jeunes sœurs éloignée de la maison familiale parce qu’enceinte. Xavier obtient des responsables du séminaire qu’elle et son petit trouvent une hospitalité finalement toute évangélique chez d’autres célibataires.

Peu après son ordination sacerdotale, Xavier a épousé Marie-Christine. Soucieux de ménager les chemins de l’Esprit aussi chez les autres, il se résout à demander et à obtenir ce que l’église – Xavier refuse que l’on mette là la majuscule – continue de désigner d’une expression qui en dit long sur un certain état… d’esprit : « réduction à l’état laïc ».

Le prêtre qu’il n’a jamais cessé d’être se voue alors à la santé des corps… et donc des âmes. En hôpital d’abord puis, chaque fois accompagné de Marie-Christine et de leurs enfants à tous les deux, dans plusieurs pays d’Afrique : priorité au « soins de santé primaire », c’est-à-dire à ce qui tend à faire de chaque homme et de chaque femme autant que possible un-e acteur-e de sa propre vie.

On sera sensible au ton jamais récriminateur avec lequel Xavier s’exprime sur ce que l’on pourrait tenir pour des « occasions manquées » s’il ne fallait pas rester convaincu que « le vent, nul ne sait d’où il vient ni où il va » : ainsi de la demande repoussée d’intégrer une équipe de la mission ouvrière ou encore de la proposition à laquelle un évêque n’a jamais donné suite d’intégrer une aumônerie de prison.

La paroisse de Xavier, ce sont aujourd’hui les « quartiers » de sa ville. La retraite venue, il poursuit son engagement dans le Centre Social qu’il a fréquenté en professionnel de la santé. Puisque « l’Esprit a été répandu sur toute chair », il s’emploie à ce que chaque personne croisée laisse briller au-dessus d’elle la petite flamme qui l’inspire et fasse que les autres « l’entendent parler dans sa propre langue ».

Loïc de Kerimel

Chrétiens en Marche 72

Le Mans, septembre 2015

Lire le témoignage
Publicités

Michel de Gastine

A vous, les amis de Chrétien en marche, j’ai besoin de partager ma tristesse d’avoir perdu un ami très cher et mon bonheur de l’avoir connu.

C’était un homme comme j’en ai peu connu.

Quelques années durant, il fut prêtre accompagnateur de l’aumônerie dont j’étais responsable.

Aussi aimait-il à me présenter comme « son chef » et s’amuser de la réaction de ses interlocuteurs.

Faisant fi des conventions, il ne s’embarrassait pas de certaines pesanteurs institutionnelles.

Pour autant, je n’ai jamais entendu Michel critiquer sa hiérarchie.

Sa grande bonté naturelle en était une raison essentielle

Sa grande bonté

Oui il était bon, fondamentalement bon. Il s’accommodait et il accommodait les situations pour avancer selon ses convictions. Il était en marche, inlassablement, obstinément avec l’évangile chevillé au corps et au cœur. Il contournait les obstacles, possédant comme nul autre l’art de l’évitement. Il s’agit-là du seul reproche que je ne lui ai jamais adressé. Cet évitement, acquis par éducation, à une époque où l’on accordait à la hiérarchie davantage de pouvoir qu’elle n’en mérite. De ce fait il n’y a pas d’espace pour transformer la violence en conflit.

Cette violence qui sourde dans notre église diocésaine, décourageant les uns, révoltant les autres quand ce n’est pas les deux à la fois. Il le savait. N’était pas dupe. Cependant, il continuait de voir le meilleur en chacun. Il nous aimait comme un frère qu’il était.

Un frère

Il était fraternel et libre, y compris à l’intérieur de son formatage, d’éducation, d’église. Je l’ai entendu dire à quelques reprises qu’il avait souhaité abdiquer son rôle de « rector potens » pour devenir un frère aux côtés de ses frères. Pas de langage inclusif hein ?

Mais qu’importe si on contextualise ! Il était ce frère aux côtés de nous, bienveillant, original, vivant, tellement vivant !

Vivant

De la vie de l’esprit qu’il avait retrouvé en plongeant dans le Renouveau aux alentours de ses 75 ans avec la fraîcheur et l’humilité qui le caractérisaient. Encore l’avait-il fait à sa façon singulière, non ostentatoire mais engagée. Là non plus, pas de chapelle, une découverte qu’il a partagée et dont je fus bénéficiaire : Ce groupe de prière qu’il a rassemblé autour de lui à Solesmes durant quelques années … Ce groupe pauvre et balbutiant dans lequel nous nous retrouvions semaine après semaine pour partager, prier, rire, invoquer et parfois pleurer.

Original

Il ne faisait rien comme tout le monde et le faisait avec une assurance humble et joyeuse. Défricheur de terres inexplorées. Inventeur de liturgies avec les « petites sœurs » – c’est ainsi qu’il les nommait -des foyers de vie de la Martinière et de la Sauvagère, dans lesquels nous allions jouer notre partition d’aumônerie hospitalière. Car pour jouer, nous avons joué. Avec quel bonheur !

Merveilleux

Il était un être merveilleux, pétri de culture et de réflexion, d’aventures à narrer, parfois répétitives mais qu’importe, c’était lui dans son désir de transmission. Son rythme étant lent et assuré. Il fut un accompagnateur formidable parce que singulier.

Accompagnateur

Je veux retenir, de sa dernière tranche de vie à la maison Saint Aldric, l’accompagnement qu’il a prodigué à ses compagnons des misères de l’âge, vivant cette période comme une aventure nouvelle dans laquelle – disait-il – avec des moyens à inventer, je peux encore témoigner de l’évangile. Il le fit. Il s’adapta, il inventa. Demandez-leur !

Singulier

Qui pouvait rivaliser avec lui sur ce terrain ? Je n’ai connu personne de tel. Non parce que nous ne serions pas chacun singulier mais parce qu’il assumait cette vérité de lui.

Il était lui, voilà tout. Et voilà que c’était magnifique. « Ta grâce me suffit » aimait-il chanter.

La Grâce

Ce fut son dernier sujet d’échange avec moi une dizaine de jours avant sa mort. Je savais, en le quittant, que je ne le reverrais plus. « Je suis dans la Grâce » a t’il soigneusement articulé. « Il me suffit d’être ».

C’est ce que je veux retenir de ce père devenu frère.

Toute sa vie, il fut dans « l’agir » sans pour autant renoncer à « être »

Pauvre, miséricordieux, singulier et bon comme notre pape François, c’est ce qui me vient en vous écrivant.

 

C’est ce que je voulais vous partager.

Je l’ai aimé, je l’aime. Il va me manquer mais je sais que dans l’Être maintenant, il ne cessera d’agir.

 

Merci Michel

Autour des personnes concernées par le divorce, la séparation, le remariage

Un après midi, le samedi 5 octobre 2013, au centre de l’Étoile.

La réaction d’un participant :

Je suis venu à cette après-midi « rencontre autour des personnes divorcées, divorcées remariées » sans grand enthousiasme.
J’avais fort en mémoire le grand moment ecclésial qu’a été la soirée de prière que nous avons organisée (nous : Chrétiens en Marche 72). Il nous avait été reproché de ne pas faire corps avec le diocèse. Du coup j’ai décidé de venir voir ce qui était proposé à l’Étoile.
Accueilli par l’équipe diocésaine de la pastorale familiale, ça commençait bien.
L’évêque prend la parole puis 3 témoignages différents.
Le premier couple, divorcés remariés, vivant de façon totalement pacifiée le refus hiérarchique de la communion eucharistique. J’ai entendu quelque chose de la sorte : c’est bien ainsi, nous communions autrement et ça ne nous empêche pas de vivre notre foi et notre engagement en tout sérénité. Tout est bien dans le meilleur des mondes…
Le second couple (Laurence et Michel) mariés après avoir fait reconnaitre la non validité sacramentelle de la première union de Michel, vit sans problème son insertion ecclésiale dans leur paroisse. Tout est bien dans le meilleur des mondes…
Troisième témoignage : Agnès qui a décidé après le départ de son mari de vivre la fidélité à son mariage et appartient à la communauté Notre Dame de l’Alliance.
Témoignages à respecter mais qui ne m’ont pas convaincu d’un accueil pacifié du fait de cette loi canonique de la non dissolubilité du mariage !
Puis c’est le temps du partage. Nous nous retrouvons en petits groupes de 6 à 8. Dans le mien, un veuf, deux couples divorcés dont un remarié et un prêtre. Là que de chaleur, que de vérité dans le partage, que de simplicité dans les échanges pour nous dire la souffrance que génère cette règle de non communion eucharistique sacramentelle ! L’enfreindre ou ne pas l’enfreindre ? Se cacher comme quand on allait mettre le doigt dans le pot de confiture de grand-mère ! Que d’incompréhension ! Quelle rigidité légaliste ! François, au secours ! Viens nous rappeler que l’Église est un hôpital de campagne après la bataille !
Vient le temps des questions aux intervenants. Sur l’estrade les cinq intervenants et l’évêque assis au milieu ! Du coup les questions ont été exclusivement adressées à lui ! Des cas personnels (et douloureux) ont été exposés parfois longuement. Yves Le Saux à réussi, avec bienveillance, à dire qu’il ne pouvait pas prendre de position tranchée ne connaissant pas le dossier précisément. Sans demander pardon explicitement, il s’est excusé en son nom et au nom des ses collègues prêtres s’ils avaient blessé quelqu’un ou quelqu’une.
Dernier temps : prière à la chappelle. L’après-midi a été longue et le nombre de participants a fondu… Ce fut un beau moment : demande de pardon, écoute de la Parole, homélie de Yves Le Saux de durée correcte, intentions de prière et envoi.
Un regret : Benoit Pierre, prêtre accompagnateur de l’équipe diocésaine a été transparent. Juste bon pour tenir le lectionnaire de l’évêque.
le 26 octobre 2013
Erick

Les équipes Notre Dame au Brésil

Un compte rendu en images et textes

Prêche de notre curé

lundi 12 novembre 2012

Monsieur le Curé,

Nous avons assisté à l’office de dimanche 7 octobre. Nous ne pouvons accepter les termes et les déclarations tant de votre prêche que des diverses déclarations faites au cours de l’office. Le but de cette lettre est de vous expliquer pourquoi. Pour que les choses soient claires, nous allons fêter le 50ème anniversaire de notre mariage et c’est en grande partie à cause de cette expérience et de ma formation de docteur en Histoire médiévale que nous nous élevons contre ce qui nous est apparu comme des approximations, des formulations erronées ou outrancières. Nous comprenons qu’un prêtre n’est pas forcément un historien, un sociologue ni un expert és-sexualité ou en vie commune.

Trois points évoqués méritent des commentaires : la référence à un seul récit de la Genèse et la chronologie entre Exode et Genèse, le rôle des mentalités dans l’évolution de la pensée de l’Eglise et la vision d’une famille abusivement dite « traditionnelle ».

Vos commentaires ont caché les divergences sur la naissance de la femme et par conséquent sur son rôle, entre la version Elohiste et la version Yavhiste de la Genèse. Ce n’est pas innocent de prendre celle qui minimise le rôle de la femme. Le regard de l’Eglise sur la femme a certes évolué, mais il reste en décalage avec la société et la version de la société est plus crédible que celle de l’Eglise. Une émission, hier sur LCP, rappelait le rôle néfaste d’une lecture littérale de la Bible qui affirmait, en accord avec les mentalités de l’époque de sa rédaction, que la femme devait enfanter dans la douleur. Cette affirmation en liaison avec la vue Augustinienne du péché originel ne saurait être acceptable et pourtant elle fut « traditionnelle » durant de nombreux siècles. Nous savons que l’ex-pape avait pris des positions au sujet de la place de la femme, refusant, au nom d’une fidélité aux mentalités de la patristique, le sacerdoce à celles-ci, demandant que les filles ne soient pas « enfants de choeur….etc. Heureusement ce qu’un pape fait un autre le défait. Mais ce qui est plus grave c’est l’image donnée par l’Eglise du Christianisme, ringardisé et étroit, au nom d’un rigorisme normatif et déphasé. Il faut être honnête et reconnaître l’absence d’univoquicité de la Bible sur de nombreux sujet et sa nécessaire lecture sous le regard de la critique historique et exégétique. Cet aspect a été absent de vos dires et nous le regrettons.

Vous avez affirmé que les règles de l’Eglise ne devaient pas être marquées par les mentalités et sous-entendus par leurs évolutions. Or ces affirmations sont en décalage complet avec ce qui s’est passé dans l’histoire de l’Eglise, dans son évolution historique de sa création comme secte juive à Vatican II. La négation de cette corrélation revient à dire que l’Incarnation fut un fait historique et qu’elle ne se fait plus en notre temps. C’est la mettre au musée et par conséquent la nier.

Comment ne pas rappeler que les mentalités ont guidés et souvent précédés les règles de l’Eglise.  Nous ne pouvons citer que quelques cas dans lesquels l’Eglise a suivi la société :

-La condamnation de l’esclavage par l’Eglise (Les conciles Mérovingiens subordonnent la création de paroisse à la « fourniture » d’un couple d’esclave pour le curé !).

-La définition de l’Inceste au temps de la réforme Grégorienne (Référence aux déclarations surprenantes du Cal Barbarin) mélangeant famille « spirituelle » et famille « biologique »»

-La condamnation des jeux du cirque.

-La sacramentalisation du mariage contre la position des théologiens qui voyaient dans le mariage le prélude inéluctable au péché de chair (dans l’optique de la Parousie) et ce au XII° siècle (Latran III). Jusqu’à cette date, le mariage était du domaine privé, ce que l’Eglise avait accepté pendant XII siècles allait être rejeté par cette même Eglise à l’époque contemporaine.

-L’acceptation de la République et l’abandon des déclarations de Pie IX allant contre l’évolution des mentalités.

-Le terme mis au Grand Schisme, initié par les cardinaux, maintenu par les papes, au grand scandale des chrétiens et réglé, manu militari par l’empereur Sigismond.

-Le rejet de l’accouchement sans douleurs (initié par l’URSS donc forcément mauvais et contre la position de la Bible).

-La position contre la contraception non suivie et déclarée contre l’avis des experts choisis par Paul VI.

-La condamnation dans les faits et dans la réalité de la pédophilie (Que de mariages ont été contactés entre des enfants et bénis par l’Eglise, que de pratiques récentes du clergé ont été occultées par la volonté de Jean-Paul II),

-Le refus de la castration en plein XIX° siècle, alors que cette pratique avait été maintenue pour le seul bénéfice de la musique papale, musique sans femme. La pureté ( ?) des Papes méritait-elle ces pratiques honteuses.

-Les mensonges de la Papauté, telle celle concernant la « fausse » donation de Constantin. La fausseté de ce texte fabriqué au Vatican au IX° siècle a été reconnue dès le XIV° siècle mais a servi de justification aux guerres anti-garibaldiennes et unificatrice de l’Italie au XIX° siècle.

Nous arrêtons la cet inventaire à la Prévert, mais il est loin d’être exhaustif et montre volontairement la diversité des situations.

Heureusement les mentalités ont obligé l’Eglise à changer.

Pour terminer qu’est-ce que la famille traditionnelle ? Celle des premiers siècles, de la patristique, de la chasteté sans descendance, celle de l »Ancien Régime des Temps Modernes, celle des ducs et pairs de France au XVII-XVIII° siècle (deux ou au maximum trois enfants, un pour le nom, une pour les alliances claniques et si surnuméraire un pour l’Eglise, source d’enrichissement), celle du XIX° siècle, celle du XX° siècle, la famille recomposée, la famille en bataille rangée qui pour maintenir un lien disparu se déchire (tant pis pour les enfants), celle homoparentale, celle polygame du temps de Jésus…… Comment plaquer sérieusement une notion morale voulue définitive sur des conceptions évolutives

La sociologie et l’histoire le montre avec évidence la notion de famille traditionnelle n’existe pas. Ce que vous appelez abusivement comme telle n’a existé qu’à un moment de l’histoire et la position de Jésus vis-à-vis de l’adultère est à l’évidence une position en relation avec les mentalités et pratiques, non seulement juives, de son époque.

Nous sommes à votre disposition pour en discuter, mais nous ne saurions en notre âme et conscience, assister aux offices que vous présidez sans transgresser les vérités et les espoirs que, malgré tout, nous mettons dans une Eglise qui actuellement cherche l’avenir en marche arrière. L’Histoire, même religieuse, ne se refait jamais, elle est perpétuelle nouveauté

Sentiments distingués.

 

Michel et Annick P-S

Bilan de 9 années de doyenné

JOURNAL d’un DOYEN de la CAMPAGNE SARTHOISE,

ou extraits du TEMOIGNAGE de Renaud LABY

exposé lors de l’assemblée plénière de « Chrétiens en marche 72 »

à La Suze le 10 juin 2012

Après avoir fait part de son bilan aux prêtres du diocèse, Renaud LABY à témoigné devant une cinquantaine de membres de « Chrétiens en marche 72 » de l’expérience des 9 années qu’il a vécues comme doyen à LA SUZE.

Renaud LABY a été doyen de la couronne Le MANS-Ouest de 2003 à 2012. Aujourd’hui il quitte ce doyenné, rural, pour reprendre une formation. Il a expérimenté diverses solutions pour faire vivre son doyenné (17 clochers, 4 paroisses) avec peu de prêtres, à savoir lui et 3 prêtres auxiliaires dont 2 ont des problèmes de santé aujourd’hui. 500 km, une pratique estimée à 1 à 2% de la population, 32 000 habitants.

Aujourd’hui Il constate que son ministère se borne, selon son expression, à préparer du culte, célébrer du culte, et communiquer par internet avec ses chrétiens engagés, ce qui lui pose la question de la réalité de « l’incarnation » du prêtre dans son secteur : « La prothèse informatique expulse le corps de la relation… »

Des actions ont été menées :

Il a provoqué, avec ses 4 EAP, la tenue d’une sorte de synode de doyenné en 2004-2005 qui a mis 120 personnes en équipes pendant 6 mois, d’où ont émergé au printemps 2005 six grands axes qui devaient constituer la feuille de route pastorale, à savoir par ordre décroissant d’importance :

-L’engagement des chrétiens dans la vie de la cité,

-La pastorale des « jeunes », depuis les jeunes jusqu’aux  jeunes parents de moins de 40 ans,

-la communication,

-la préparation à la foi et la liturgie,

-la solidarité,

-et l’engagement dans la vie chrétienne locale,

Avec des caps à tenir, des temps d’évaluation prévus, des relances…

Son service de la communication a mis en place un blog et une « news letter ». Le blog (fait avec « overblog ») lui parait plus souple que le site dans la mesure où il n’y a pas d’obligation de mise à jour, on se contente de rajouter des infos. Il publie aussi un annuaire de toutes les activités de l’année dans tout le doyenné, avec les dates, les horaires et les lieux dans chacune de ses 4 paroisses.

La réflexion sur la solidarité a conduit à lancer une petite équipe de visiteurs à domicile qui agissent comme le fait « familles rurales ».

Les maires des communes ont été interpelés sur la nécessité d’avoir un local pour les SDF au lieu de les envoyer, comme d’habitude, sur Le Mans… L’intérêt a été qu’à partir de là les communes ont conduit une réflexion sur les besoins sociaux…

En ce qui concerne la pastorale vers les 3 à 40 ans deux propositions ont été mises en œuvre : une catéchèse intergénérationnelle qui a réuni 25 personnes l’an dernier, et des petits déjeuners BA-ba à partir de l’outil mis au point par le diocèse de Poitiers (mais oui, un outil hors diocèse, c’est possible, pourvu qu’il soit bon !) en ciblant les fiancés qui préparent leur mariage, les parents qui demandent le baptême : 24 invitations ont été lancées, 9 personnes sont venues.

Il a lancé une réflexion auprès des maires pour essayer de développer une préparation au mariage civil, avec une association qui s’appelle « cap mariage » émanant des Equipes Notre Dame (étonnant, non ?) : seuls 3 maires ont répondu… Mais l’idée chemine…

Il y a une journée de doyenné une fois par an.

Et si on centralisait tout à La Suze?

 

C’était ma première idée… Et puis j’ai réalisé l’intérêt de l’identité de chaque paroisse, à préserver, avec son histoire… J’ai vite compris que la centralisation, pour pratique qu’elle soit pour moi, ferait mourir le témoignage local… Donc, avec l’accord des EAP, nous avons décidé de préserver l’autonomie de chaque communauté, d’où la formation de 4 EAP, avec une « inter-EAP » à laquelle participe un délégué de chaque EAP + le responsable de la pastorale des jeunes + le représentant du secours catholique.

C’est moi qui fait le compte-rendu de réunion (NB : comme ça je ne m’expose pas à un éventuel problème de rédaction par un tiers), puis je l’envoie à chaque EAP, qui se réunit ensuite dans les 15 jours qui suivent pour poursuivre la réflexion et décider, qui me font à leur tour un compte-rendu de réunion, et à partir de là j’établis l’ordre du jour de la réunion suivante…, etc…

Mettre en place des laïcs carrément responsables de leur paroisse ?

 

C’aurait été pratique pour moi… Mais là échec complet ! Et pourtant Mgr Rouet l’a bien fait sur son diocèse de Poitiers ! Ils m’ont tous dit : « Stop ! là, c’est ton boulot ! » J’aurais même voulu qu’ils soient élus par les communautés !… (NB : comme aux 1ers temps de l’Eglise…) J’ai à peine réussi à avoir un « coordinateur » issu de chaque communauté… J’aurais même voulu qu’ils représentent l’EAP vis à vis des autorités civiles…. J’en ai conclu que si le diocèse ne poussait pas à la roue je n’y arriverai pas…

Des assemblées dominicales autour de la parole, sans prêtre…

(NB : formule pas vraiment dans la norme…, en chantier inabouti depuis 2008…)

 

Par la force des choses… Je pense que, pour que les communautés soient vivantes il faut qu’elles se rassemblent le dimanche, avec ou sans prêtre. En 2007 j’ai décidé la mise en place de 2 à 6 assemblées de la parole par an sur le doyenné, les dimanches où le prêtre ne serait pas disponible : des ADAPs, sans communion, en essayant de ne pas faire un déroulement de la messe bis… Cela implique un travail de préparation avec les équipes liturgiques : elles se sont lancées et ont déployé des trésors d’inventivité, trop parfois pour elles… Depuis 1 an, de 2 à 6 par an on a du passer à 1 par mois, compte tenu de la disponibilité des prêtres… On constate que l’habitude est prise chez les fidèles malgré les légitimes résistances du début. Je pense qu’il ne faut surtout pas tenir compte du résultat des éventuels sondages sur le sujet. C’est vrai qu’il y a moins de monde que lors d’une messe (- 50% environ) mais les fidèles qui le vivent ont vraiment conscience de faire corps, et des gens qui ne peuvent s’approcher de la table eucharistique s’y trouvent bien… La paroisse ne se ferait pas exclusivement par l’eucharistie… Cette pratique évite la dispersion des fidèles et maintient un service de proximité….

Parce qu’une minorité de gens se déplacent vers la messe la plus proche ! La majorité ne pratique plus si on impose une messe délocalisée ! On constate que, chaque fois que la messe est centrée sur le doyenné, seuls se déplacent les piliers des paroisses. Les autres restent chez eux et le covoiturage ne marche jamais ! Faut-il alors centrer l’assemblée dominicale sur 1 ou 2 messe(s) seulement ? La majorité des EAP pensent que non ! Si on centralise on accélère la déchristianisation des campagnes et même les plus engagés localement risquent de ne pas se déplacer !

 

Interrogé par Renaud sur la question de savoir s’il valait mieux être dans la norme ou bien faire vivre ainsi la foi, notre évêque n’aurait pas su quoi répondre… Faire le dimanche un autre jour ? Ingérable ! La centralisation n’est sans doute pas la solution. Renaud pense qu’il faudrait faire un synode diocésain sur le sujet…

NB : En octobre 2013 il doit y avoir un « super truc » diocésain sur la mission, mais rien ne devrait se passer d’ici là.

Serait-il trop tard ?

 

J’en ai peur…

Il s’avère qu’il devient difficile de renouveler les membres des équipes, que ce soit les équipes liturgiques (on en est à essayer d’avoir une équipe unique qui prépare la célébration pour toutes celles du doyenné), les équipes d’accompagnement des familles en deuil… Le curé ne pourra pas suppléer tous les départs…

Le catéchisme : On s’aperçoit que le catéchisme catéchise les catéchèses en même temps que les enfants catéchisés… Quid de leur formation préalable?

Et dans les EAP, il est souhaitable que toutes les sensibilités soient représentées. Mais alors, ça devient ingérable, avec notamment ceux qui veulent des célébrations festives sur un lieu central tous les dimanches et en face d’eux des paroissiens fatigués qui vont bientôt baisser les bras… Il semblerait qu’on s’achemine vers la centralisation malgré tout, que cette hypothèse soit la perspective vraisemblable, mais, selon mon opinion, c’est la mort de la vie chrétienne dans nos campagnes… Avec parallèlement un curé qui fatigue…

Quant à chrétiens en marche 72, vient le temps où il faudrait passer de la réflexion à l’action…

Propos résumés et mis en forme par Jean-François

Quel avenir pour nos communautés ?

AG – Pentecôte 2008

9 et 10 février 2008

Quel avenir pour nos communautés ?

A la rentrée de septembre 2008, je serai curé de chacune des quatre paroisses de mon doyenné. Soit un ensemble de 17 villages, de 21 lieux de culte pour 27 à 30000 habitants.

Nous sommes 28 prêtres de moins de 65 ans. Dans les dix ans qui viennent, cela n’en fait pas deux par doyenné et cela concerne aussi bien le rural que la ville.

Vingt ans après, le schéma du synode n’est plus opérant. Alors que nous avions pensé les nouvelles paroisses organisées autour du curé et de la pratique eucharistique dominicale sur un territoire à taille humaine, humainement et chrétiennement cohérent, il ne peut plus exactement en être ainsi aujourd’hui. Nous en arrivons à nous demander ce qu’est une communauté chrétienne, ce qu’il faut pour qu’elle existe, qu’elle vive ?

1. La communauté chrétienne

La communauté chrétienne ne se réduit pas à l’assemblée dominicale. Au demeurant, cette assemblée est le signe de l’existence d’une communauté, une communauté  de baptisés, qui croit en la mort et la Résurrection de son Seigneur et qui se rassemble le dimanche et pas un autre jour.

Une communauté est faite de liens tissés, de liens humains, les liens de la vie de tous les jours. Non seulement les liens des membres de la communauté entre eux, mais aussi des membres de cette communauté avec les hommes et les femmes au milieu desquels ils vivent : liens humains, associatifs, politiques peut-être. Elle est la communauté des baptisés qui fait corps, au milieu des hommes et des femmes de ce temps et, ce faisant, elle rend présent le Christ, elle est signe de sa présence.

Pour le dire d’une autre manière, la communauté pour exister doit être incarnée dans des liens humains, sur un territoire donné, incarnée dans une histoire locale.

C’est une donnée anthropologique : l’être humain est ainsi fait qu’il a besoin d’habiter un territoire, qu’il a besoin de savoir où il habite, qu’il a besoin de racines. Il est intéressant de constater qu’à l’heure de la mondialisation, du village planétaire -qui pourrait lisser les particularismes des peuples-  on n’a jamais autant entendu parler des identités nationales ou régionales, du peuple corse, du peuple basque, de la culture bretonne. Comme si l’humain, pour ne pas être absorbé par la globalisation, revenait à sa terre. Nous sommes des animaux sociaux et ce faisant nous avons besoin de repères spatiaux-temporels à taille humaine.

La communauté est lieu de vie et repère pour ses habitués, mais elle est aussi repère pour ceux qui ont besoin d’elle : résidant à tel endroit, je me tourne vers telle communauté. Si les communautés ne sont plus clairement identifiées, nos frères et sœurs dans l’attente d’un service, d’un accompagnement vont se décourager et ne plus rien demander. Pas de témoignage sans une communauté visible. Un paroissien qui ne pratique pas dans une de mes paroisses mais qui préfère venir au Mans « parce que c’est plus si ou plus ça », me disait qu’il ne comprenait pas pourquoi l’Eglise tenait tant à ce découpage territorial, qu’après tout, il fallait mieux aller vers des communautés d’élection, où chacun se sent bien !

Génération cocooning ! Ce raisonnement me semble dangereux à deux titres : le premier que je viens d’évoquer –on ne fait plus signe là où on vit-, le second en créant non pas des communautés mais des communautarismes. Ce n’est pas cela l’Eglise. L’Eglise, c’est apprendre à vivre ensemble, à construire la paix ensemble dans la diversité des manières de vivre et de croire, pour dire au monde que cette paix est possible et il y a là un enjeu de Salut pour le monde ! Voyez comme ils s’aiment !

Si nous restons sur le schéma du synode, nous allons étendre encore les territoires. Nous ne ferons pas communauté chrétienne. Nous ne serons pas signes si nous centralisons la vie chrétienne au niveau du doyenné ou de supers paroisses.

Quoiqu’en disent les sondages, il n’est pas juste de penser que les personnes se déplaceront. Nous l’avons vérifié lors des regroupements de 1988 et, aujourd’hui encore, les manifestations de doyenné ne rassemblent que quelques convaincus, les autres, dans le meilleur des cas, restent derrière leur téléviseur. Nous allons abandonner des chrétiens qui ne seront plus signes de la présence du Christ là où ils vivent.

De ce point de vue, la communauté chrétienne, serait l’ensemble des baptisés vivant leur humanité et leur foi entre eux et avec les non-chrétiens, sur un territoire donné, à taille humaine. Cette communauté, identifiée comme telle, prend corps dans l’assemblée dominicale eucharistique ou non.

2. Mon expérience dans le doyenné Couronne-Ouest

Pour l’heure, je suis curé de trois des quatre paroisses de mon doyenné. A mon arrivée sur le doyenné, il y plus de quatre ans, j’étais plutôt partisan du centralisme. La réalité m’a complètement fait changer de point de vue.

Un confrère me disait un jour : « Je ne sais pas comment tu fais, moi je ne pourrais pas changer de public tous les dimanches, j’ai besoin de retrouver les mêmes gens ».

Personnellement, j’ai horreur de la routine, voilà qui tombe bien, mais surtout, je me rends compte de l’importance de préserver l’unité des communautés. Elles sont chacune différentes, même sur un petit territoire comme mon doyenné. Elles ont chacune leur histoire, leur caractère, leur tempérament, leur cohésion. Et c’est ce qui fait leur force, leur beauté. J’ai appris à les aimer chacune avec leurs particularités, signe de leur incarnation.

J’ai plaisir à les retrouver le dimanche, les unes différentes des autres. Si j’avais centralisé la vie chrétienne des communautés sur la Suze par exemple, j’aurais fait disparaître cette incarnation et il n’y aurait plus eu de témoignage. J’ai vite réalisé que je ne serais pas suivi. Et j’ai compris alors l’importance de l’enracinement local.

Avec les EAP des paroisses, nous avons fait le choix de travailler à l’autonomie des communautés chrétiennes. Je convoque l’InterEAP constituée de représentants des EAP et dans les jours qui suivent chaque EAP, localement, se réunit sans moi, sauf exception. Actuellement, nous réfléchissons à la mise en place de coordonnateurs d’EAP, je préfère aller plus loin et parler de « responsable de la communauté chrétienne ».

Il y a un accueil, au moins hebdomadaire, dans chaque presbytère. J’ai la chance d’avoir des présidents de sépultures connus et de plus en plus reconnus par une population qu’ils connaissent. Ils recroisent ensuite les gens dans les villages, à telle ou telle occasion. C’est cela qui tisse la communauté. Nous mutualisons nos forces pour la préparation au baptême et au mariage.

Pour le culte, je m’organise avec deux confrères de 73 et 80 ans pour assurer l’eucharistie dominicale. Jusqu’à cette année un quatrième confrère, plus âgé encore, dépannait l’un de nous pour une absence exceptionnelle ou un temps de vacances. Ce confrère est trop âgé aujourd’hui pour présider la messe le dimanche. Cette année, pour toutes les fois où l’un de nous manque, il a été décidé par les EAP des paroisses qu’il y aurait des assemblées dominicales autour de la Parole. Nous avons débattu et les EAP se sont dites prêtes, sous condition d’une formation pour mesurer les enjeux de telles pratiques, apprendre à faire et aider les membres de la communauté à réfléchir. De toute façon, c’était « assemblée de la Parole » ou rien et les membres des EAP ont vite réalisé qu’il en allait de la vie et de la visibilité de la communauté chrétienne. Ils ont pris le risque.

Nous en avons parlé à l’occasion certains dimanches, nous avons écrit un texte pour présenter les enjeux missionnaires et spirituels de se rassembler le dimanche autour de la Parole. Les équipes liturgiques, après formation, se sont lancées. Elles ont déployé des trésors d’inventivité pour proposer un rassemblement beau et priant et elles y ont trouvé du bonheur. Certes, il y a des gens qui choisissent d’aller ailleurs, mais ceux qui sont restés, qui ont fait l’effort de dépasser les préjugés, ont changé d’avis. J’ai des retours étonnants de personnes pas vraiment partantes à la base. Ils mesurent qu’un nouvel esprit de communauté se fait jour. Comme si livrés à eux-mêmes, livrés à leur propre responsabilité de baptisés, ils apprenaient à faire corps, à faire communauté.

A force de pédagogie, d’explication, d’esprit de corps, d’esprit d’Eglise, d’Esprit tout court, je mesure que les jugements évoluent. C’est pourquoi, je ne crois pas qu’il faille écouter outre mesure les sondages qui nous disent que les gens ne veulent pas de ces assemblées. Les chrétiens choisissent ce qu’ils connaissent. Nous ne pouvons pas leur en vouloir, 50% d’entre-eux ont plus de 65 ans. Enfermés que nous sommes dans la théologie du Concile de Trente, nous en sortirons si nous nous en donnons les moyens.

Je suis sûr qu’aujourd’hui certains de mes paroissiens ne répondraient pas, à cette question sur les assemblées de la Parole, ce qu’ils ont répondu l’an dernier dans le questionnaire. Ils se sont formés, ils ont réfléchi, prié j’espère, et surtout, ils ont vécu.

Pour conclure, je dirai que je mesure combien en fonctionnant ainsi, en travaillant à l’autonomie des communautés chrétiennes paroissiales, ces communautés se révèlent et, paradoxalement, la communauté qui a le plus de mal à prendre cette autonomie, c’est celle où je réside…

Nous pouvons nous interroger des heures sur ce qu’est une communauté chrétienne, sur ce qu’il faut pour qu’elle existe. Il faut peut-être que nous les curés, nous lâchions la main de nos communautés pour qu’elles se réalisent par elles-mêmes, que nous les laissions exister.

3. Un schéma pour l’avenir

Pour terminer, je résume ma pensée et je vous propose un schéma pour l’avenir, parce qu’il faut bien travailler sur du concret.

La mission de la communauté chrétienne est de vivre l’Evangile par les relations humaines qui la constituent. Ce faisant, elle propose la foi en étant signe de la présence de Dieu au milieu du monde, sur un territoire donné. L’enjeu se situe bien au niveau d’une transmission/proposition de la foi (Forum 1).

Or les sociologues qui ont travaillé les questions de transmission disent qu’il n’y a de transmission possible que portée par une institution forte qui développe « une politique », « une stratégie » de transmission, sur un territoire donné (argumentaire de Régis Debray, dans son livre Transmettre, Odile Jacob 1997).

En termes « catho », cela donne ceci : avec la Grâce de Dieu, il n’y a de proposition de la foi possible que portée par le peuple de Dieu, la communauté chrétienne locale, qui développe une pastorale de proposition, sur un territoire donné (pour nous la paroisse ou la communauté catholique locale). Même si la communauté chrétienne ne se réduit pas au territoire, cette notion territoriale me semble capitale d’abord d’un point de vue anthropologique : nous sommes des animaux sociaux qui vivons là et pas ailleurs.

Et voici le schéma :

Il semble incontournable de mettre en place des communautés catholiques locales au sein des paroisses et des doyennés (cf le travail des doyens en 2007), animées par des laïcs responsables au titre de leur baptême.

Le dimanche, la communauté se rassemblera autour de la Parole de Dieu (ADAP). Une fois par mois, ou deux fois par trimestre, les chrétiens de la paroisse se retrouveront pour l’Eucharistie.

Les différents services propres à la vie de nos actuelles paroisses sont peut-être à mutualiser entre les différentes communautés chrétiennes de la paroisse ou du doyenné.

Le prêtre, accompagnateur de ces communautés sur une paroisse donnée ou sur un doyenné, veillera à la communion du peuple de Dieu, à l’accompagnement spirituel des communautés locales. Il devient nomade.

L’enjeu d’un tel dispositif est :

–       de ne pas éloigner la vie chrétienne des lieux de vie des chrétiens pour leur permettre d’être témoins là où ils vivent. Si nous centralisons la vie chrétienne autour du prêtre et de l’eucharistie nous allons désertifier chrétiennement les territoires et ne plus rien annoncer.

–       de permettre à la communauté catholique locale de porter les joies et les peines de la communauté humaine locale avec les autres habitants, de se rendre solidaire.

–       de permettre au prêtre de recouvrer une disponibilité pour tous à l’intérieur et à l’extérieur de la communauté (engagement associatif par exemple).

–       de faire avancer l’œcuménisme en adoptant une pratique plus proche des communautés protestantes.

–       de ne pas encourager les chrétiens à faire des déplacements qui concourent au réchauffement climatique…

Il me semble essentiel qu’un tel projet soit porté et défendu par la hiérarchie diocésaine, sans quoi nous n’aiderons pas le peuple de Dieu à réajuster sa pratique et sa foi.

Enfin, je crois qu’il faut avoir un peu d’audace, le peuple de Dieu est prêt à ces changements, demain, il sera trop tard.

Père Renaud Laby

Doyenné Couronne Ouest