En Sarthe des Chrétiens en Marche, des liens avec la CCBF

LETTRE de l’Equipe N.D. Sablé/ 4 du Secteur Laval –Sablé

A Monseigneur  Thierry Scherrer, Evêque de Laval :

Cher Père Evêque,

Notre équipe N.D. a été fondée en 1968. Un hasard pastoral l’a rattachée au secteur de Laval.

La persistance de liens amicaux a maintenu ce statu quo. C’est à ce titre que nous nous exprimons auprès de vous, au sujet du Questionnaire soumis aux Eglises particulières en vue du  Synode Extraordinaire sur la Famille.

Notre âge moyen va de 93 à 70 ans. Nous sommes chargés d’enfants (19), petits enfants & arrières petits enfants.

Répondre au questionnaire points par points nous parait superflu, en remarquant toutefois qu’il est en lui-même très inductif vis-à-vis des réponses attendues.

Nous nous permettons seulement quelques réflexions sur les thèmes principaux, en tant que vieux équipiers.

Le choix du thème de la Famille est excellent si le propos est audible pour les jeunes générations, s’il prend en compte le monde tel qu’il est avec simplicité, délicatesse et réalisme.

Un monde où le progrès médical, l’allongement de l’espérance de vie, la démographie ont changé la donne.

La famille reste le lieu privilégié des apprentissages, de l’éducation, de la vie en commun, de l’acceptation des différences, de l’exercice de la liberté et de l’initiation à la foi.

Elle est un atout pour la Société en raison des solidarités familiales et dans la mesure où elle favorise gratuitement,  affectivement la maturation humaine et spirituelle des enfants.

Mais elle est faite pour être quittée ! Le Christ est clair à cet égard.

Sur la diffusion des Ecritures & des textes du Magistère, nous avons accueilli avec joie Lumen Fidei ; notre équipe a de nouveau étudié, il y a trois ans, les grands textes du Concile Vatican II & tout particulièrement Lumen Gentium, Gaudium et Spes, Dei Verbum.

Nous savons cependant que pour la plupart de nos enfants ces textes sont lettre morte.

C’est un fait ! Sauf pour ceux qui ont opté pour la vie religieuse.

Mais toutefois, la plupart savent très bien que l’un des actes décisif du Concile a été de réintroduire la familiarité avec la Parole de Dieu au cœur de la vie des baptisés.

Par contre ils ne se sentent pas concernés par des textes comme Humanae Vitae et Familiaris Consortio, textes que certains parmi nous ont étudiés sans pouvoir en conscience y adhérer.

Les homélies du Dimanche y font rarement allusion.

Comme le langage de ces  textes est inaccessible à la plupart de nos contemporains, leur réaction est celle de l’indifférence. Son dogmatisme ne passe absolument pas.

Le malentendu sur le vocabulaire de la Loi Naturelle en est un exemple criant, car s’il était inaudible déjà pour notre génération, il l’est encore plus dans une société sécularisée, pluraliste et démocratique. Tout au moins en Europe, nous semble-t-il.

Faut-il la fonder sur l’hétérosexualité ? Il nous semble plutôt qu’elle a  sa source et son langage dans le Décalogue & la Loi d’Amour telle que les Béatitudes l’ont révélée.

A propos de la vie relationnelle et intime des couples, nous rappelons qu’une enquête a jadis été publiée sur ce sujet  par les E.N.D. Son sort semble avoir été malheureux….

Il faut leur laisser  les choix d’une parentalité responsable et épanouissante. L’Eglise devrait savoir s’exprimer avec respect et délicatesse sur ce terrain.

Il serait temps d’appeler un chat un chat : se connaître bibliquement ne peut être taxé de concubinage ad expérimentum, alors qu’il peut être vécu comme préalable à un engagement à vie !

Notre génération globalement n’a pas connu le fait de société qui voit se réduire le nombre des « fiancés » abstinents à une minorité.

Mais il ne faut pas être hypocrite : mettre « Pâques avant les Rameaux » a toujours existé et ne préjuge pas de l’avenir du couple.

L’Eglise devrait de la même manière se souvenir, lorsqu’elle parle de « situations irrégulières », de la façon dont le Seigneur s’adresse à la Samaritaine sans la questionner.

Notamment en ce qui concerne les situations de rupture du lien conjugal : La discipline qui interdit aux divorcés remariés de recevoir la communion eucharistique doit être révisée.

Se plaindre d’une désaffection du sacrement de réconciliation  est incohérent si l’on refuse en même temps son approche lors de ces dites situations.

L’un de nous, médecin, garde le souvenir scandalisé d’un refus de sacrements vis-à-vis de vieux « compagnons » proches de la mort  qui ne pouvaient vivre autrement que sous le même toit !

Nous savons d’expérience que les valeurs de : l’engagement dans la durée, et dans la vérité sont toujours présentes et honorées. Et que c’est peut être à cause de ce haut idéal du mariage que les séparations s’opèrent.

Le questionnaire a raison de s’enquérir sur les richesses  qui persistent : le CPM, le Scoutisme, que la plupart d’entre nous ont connu, restent des valeurs sûres, de même les aumôneries diverses du monde étudiant, les C.P.M. ; les Retraites, le passage à Taizé, le MEJ, Paray-le-Monial, Fondatio, Foccolari, Conseil Conjugal et bien entendu les END ! Le témoignage de l’Amour réciproque dans la longue durée : les noces d’or ou de diamant !

Le point de vue de l’annulation du lien conjugal est à considérer avec prudence en se souvenant des annulations désastreuses pastoralement des couples princiers.

Déclarer un couple « invalide » alors qu’il y a des enfants c’est annuler ceux-ci ; ce n’est pas une solution pour le grand nombre, il y aura toujours le risque qu’un des dissous s’estime floué  par l’institution ! La vision ancienne de l’incapacité devrait, seule, être à conserver.

La miséricorde est mal annoncée ; elle demande la prise en compte du niveau culturel et de celui des maturités. Il y a un énorme travail pastoral à faire.

La foi ne se transmet pas comme un bien temporel.

Sont susceptibles de transmission : le témoignage de la relation  dans l’Amour, le respect des personnes, la Charité en actes.

Enfin, au sujet du « mariage gay », il y a certes inappropriation avec l’emploi du terme mariage ; mais le Seigneur n’a pas abordé cette question. Les personnes homosexuelles sont des baptisés à part entière, dont la problématique est à respecter.

La P.M.A. n’a aucun sens par rapport à la  famille ; c’est une aberration.

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