En Sarthe des Chrétiens en Marche, des liens avec la CCBF

Archives de 7 juillet 2012

Etre chrétien dans la modernité d’aujourd’hui

 « ETRE CHRETIEN DANS LA MODERNITE D’AUJOURD’HUI »

Remontées et extraits de la conférence prononcée par le père J. MOINGT

Les 20 et 21 avril 2012 à NANTES, à l’invitation de la CCBF 44

 

Une soixantaine de membres de « Chrétiens en marche 72 » étaient réunis le 12 juin 2012 à Allonnes pour entendre les témoignages de Erick, Bénédicte, Karine, Marie-Claire et Loïc relatifs au contenu de la conférence du père J. MOINGT sur le thème : « Etre chrétien dans la modernité d’aujourd’hui ». Celui-ci a notamment avancé les idées suivantes : Nous, chrétiens, sommes des êtres émancipés, alors agissons en responsables, osons être par nous-mêmes, osons bouger, osons penser notre foi, osons penser la tradition, osons prendre la parole, osons prendre la responsabilité de ce qu’on vit en Eglise… Et pour cela sachons nous former, sachons veiller et communiquer, sachons écouter et agir…

Erick : « Au sein de chrétiens en marche 72 il y a un groupe qui s’est nommé « sacerdoce commun des baptisés » et  qui s’est réuni depuis 2 ans à peu près une dizaine de fois par an. C’est ce groupe qui a eu l’initiative de la réunion de ce soir, et c’est cette démarche de communication vers tous, membres de chrétiens en marche 72, que nous encourageons pour les différents groupes de notre association dans le souci, notamment de nous donner une certaine visibilité de la vie de ces groupes. La 1ère année a été consacrée à l’étude de textes sur Vatican II sur le thème du sacerdoce commun des baptisés, et cette année nous avons travaillé le texte d’une conférence prononcée par Joseph MOINGT à Blois le 24 septembre 2010. C’est pourquoi cinq d’entre nous se sont rendus à Nantes, à l’invitation de la CCBF 44, lorsque nous avons appris la tenue de sa nouvelle conférence. Joseph MOINGT est né en 1915, c’est un jésuite français théologien spécialisé en christologie qui a fait des études de philosophie et de théologie, qui a suivi les cours de l’Ecole Pratique des Hautes Etudes avec une thèse en théologie à l’Institut Catholique de Paris, il a enseigné la théologie à la faculté catholique de Lyon-Fourvière, à l’Institut Catholique de Paris et au Centre Sèvres, et il a dirigé de 1968 à 1997 la revue « recherche de sciences religieuses ». L’éditeur de son dernier livre écrit : « Il est considéré comme l’un des plus grands théologiens vivants ». Nous allons ce soir vous exposer en quelques mots les éléments principaux que nous avons retenus à l’issue de la conférence du mois d’avril dernier :

J’ai retenu des phrases extraites de son exposé : « Et il y a d’ailleurs encore de nombreux chrétiens qui sont chrétiens que par l’autorité de la tradition et la sacralité du gouvernement et donc nous avons à les ménager aussi… Comment faire bouger l’Eglise ? Travailler à l’évolution des esprits car il y a beaucoup de conservateurs autour de nous dans notre Eglise, essayer de les faire évoluer, donc ne pas les braquer, mais cependant oser, oser bouger, oser faire quelques petits pas de travers et de côté en attendant les autres. C’est nécessaire… » Et puis la dernière phrase de sa conférence : « Ah, ce n’est pas difficile de comprendre un Dieu tout puissant ! Mais comprendre un Dieu humilié, comprendre un Dieu qui se révèle sur la croix de Jésus et qui nous révèle de nous faire nous-mêmes les serviteurs les uns et les autres, et c’est ça l’Evangile. »

 

Bénédicte : « Au préalable je voudrais dire que ce petit bonhomme de 97 ans est touchant par sa sérénité, sa luminosité. Il dit des choses qui ne sont pas dans la ligne de l’Eglise mais, pour autant, il ne veut pas être vraiment hors de l’Eglise parce qu’il veut surtout être chemin, dire et redire, témoigner, parce qu’il est baptisé, parce que nous sommes tous baptisés.

Tout d’abord il parle de responsabilité, il veut que nous soyons capables de  prendre des initiatives, parce que nous sommes des êtres debout. Il dit que nous sommes des êtres majeurs, des êtres émancipés, comme nos propres enfants s’émancipent un jour de notre autorité. Il reprend Emmanuel KANT qui, en parlant du siècle des Lumières, parle de ce siècle comme celui de la sortie de l’homme hors de l’état de minorité. Si l’homme se maintient par sa propre faute dans un état de minorité il ne peut pas prendre la responsabilité de ce qu’il croit, de ce qu’il vit, et de ce qu’il enseigne. Il est dans l’incapacité de se servir de son entendement, en parlant de discernement. S’il est dirigé, ou s’il reste dirigé par un autre homme, s’il a toujours quelqu’un derrière lui il reste mineur. Par contre par  le courage de se servir de son propre entendement il devient un être majeur et responsable. Ainsi au siècle des Lumières la devise des Lumières prend tout son sens : « aie le courage de te servir de ton propre entendement », ce qui signifie que tu peux oser penser par toi-même, que tu peux oser dire par toi-même, et tu peux oser user de ta propre intelligence. Il met cela en parallèle avec ce qui se passe aux 18ème et 19ème siècles où on va oser s’émanciper au niveau politique, où on va connaître une émancipation démocratique. Et l’Eglise va avoir peur de cette émancipation, va se sentir attaquée, car l’homme revendique sa liberté de penser, donc sa liberté d’opinion et c’est là une grande crise de civilisation parce que l’homme a l’audace de penser par lui-même. Il cherche la vérité dans la vie. Plus tard un philosophe du 20ème siècle, Dietrich BONHOEFFER, dira en 1945 que c’est peut-être là le plan de Dieu que de vouloir que l’homme s’émancipe peut être même de l’autorité de Dieu… Joseph Moingt nous pousse à oser être par nous-mêmes, même si c’est difficile, même si cela fait peur à l’Eglise et à notre hiérarchie ecclésiale. Il cite St Paul 1 Cor 11, 18-20 : « Tout d’abord, lorsque vous vous réunissez en assemblée, il y a parmi vous des divisions, me dit-on, et je crois que c’est en partie vrai. Il faut même qu’il y ait des scissions parmi vous afin qu’on voie ceux d’entre vous qui résistent à cette épreuve. » Et il rajoute 1 Cor 14, 15 : « Il faut prier avec son intelligence de manière à être compréhensibles même à un païen qui vient pousser la porte. » Donc soyons des êtres qui osent, mais pour cela il faut savoir se former pour être au fait de ce que nous pouvons dire, pouvoir débattre et argumenter, savoir veiller et communiquer dans une attention aux autres et surtout à ceux qui vivent des moments difficiles dans l’Eglise. Il faut savoir écouter et agir pour donner un espace de discussion pour que tous les baptisés sans exception puissent s’exprimer.

2ème point, qui me parait être le nœud véritable de la foi chrétienne : Dieu s’est dépossédé de sa toute puissance pour nous, pour nous donner tout son amour. Dieu a renoncé à son pouvoir pour le confier à Jésus ; Dieu n’a voulu que des rapports d’amour avec l’humanité ; Dieu nous demande d’être remplis de son Esprit d’amour ouvert sur l’universalité humaine, c’est-à-dire ouvert sur tout l’autre, à la relation totale à l’autre. Dieu nous confie son humanité, il intervient par l’amour qu’il a mis en nous pour sauver toute l’humanité, c’est là son testament et son Evangile. C’est vraiment l’humanité, humanité dans laquelle il se trouve ; Il n’est pas là pour nous, baptisés, il est là pour toute l’humanité. Jn 17, 21 : « Que tous soient un, comme toi père tu es en moi et moi en toi, qu’eux aussi soient un en nous afin que le monde croie que tu m’as envoyé. » Donc Dieu est en nous, et en nous tous sans distinction. Nous nous devons d’annoncer cet amour sur la terre car nous sommes déjà ressuscités en Jésus Christ ressuscité et en Dieu qui est éternel. Dieu veut rassembler toute l’humanité, c’est pour cela que nous sommes habités par tout son amour, c’est-à-dire l’Esprit saint pour répandre sa bonne nouvelle. Ce salut, cet amour de Dieu fait homme, c’est cela la foi chrétienne, le message de Dieu. Dieu vit au cœur de l’humanité dans cet espace spirituel qui nous structure par des relations de charité, d’amour aux autres ; son cœur palpite au cœur de l’homme. Il est plus facile de penser et comprendre un Dieu tout puissant mais il est plus difficile de penser un Dieu humilié qui se révèle sur la croix de Jésus et qui nous révèle à nous-mêmes de nous faire les serviteurs des uns et des autres. C’est cela l’Evangile et c’est cela penser l’Evangile. C’est peut-être là notre manière d’entrer dans la modernité, c’est peut être là notre manière de faire bouger l’Eglise, et c’est peut être là notre manière d’habiter la mission ici, par le baptême que nous avons reçu de Jésus, et d’annoncer au monde qu’il est sauvé par son salut. Pourquoi l’Evangile est une bonne nouvelle ? Parce que Dieu a renoncé à son pouvoir en Jésus, qu’il ne veut que des rapports d’amour avec l’humanité. Dieu veut des hommes libres, il veut que l’homme aille vers lui dans un esprit filial et l’Esprit saint est son esprit d’amour que nous nous devons  de transmettre. »

Karine : « A la différence de Bénédicte, avec Marie-Claire nous avons assisté aux ateliers du lendemain. Il a alors un peu résumé ce qu’il avait dit la veille sur la modernité, ce qui m’a éclairé sur les enjeux et la compréhension du combat dans lequel l’Eglise se trouve actuellement, ces enjeux de pouvoir évoqués dans « La bataille du Vatican », la peur du modernisme qu’exprime l’Eglise officielle. Moingt nous rappelle que la modernité a vraiment été une rupture avec l’antiquité patriarcale. Il situe le point de départ de la modernité à DESCARTES, avec cette phrase : « Aie le courage d’utiliser ton propre entendement », d’où petit à petit au cours des siècles qui ont suivi, ce mouvement d’autonomisation et cette vague d’émancipation de la société par rapport à la religion et la possibilité que la société existe sans lien religieux. Il nous a précisé que l’émergence de cette modernité n’est que le 1er mouvement de la grande crise de civilisation dans laquelle on est toujours, en fait, et que la modernité ce n’est pas ce qui nous attend derrière, mais c’est ce qui nous attend toujours devant : la vérité ne vient pas du passé mais de l’avenir, et de l’ouverture sur le monde. C’est dans le cadre de cette avancée confiante qu’il a cité Bonhoeffer et son idée d’émancipation du plan de Dieu… l’Eglise a toujours défendu la propriété de la tradition, c’est elle qui la détient, de la vérité, et elle s’est sentie vraiment garder ainsi son autorité et son pouvoir. Elle a fait de la modernité une machine de guerre qui s’est vraiment mise en branle contre elle. Partout où souffle l’esprit de modernité la religion se retire avec même l’idée de Dieu qui est en voie de disparaître. Et là Joseph Moingt nous pose cette question : « Et maintenant, on fait quoi ? Est-ce qu’on lance des anathèmes contre ça ? On continue à se rigidifier, à avoir peur ? » Moingt nous rappelle que Jésus Christ est né hors d’une religion, en s’émancipant d’une religion, que lui aussi a été chassé, et que les 1ers chrétiens sont tous des convertis issus d’une religion : le christianisme est un phénomène de conversion. Quand Dieu, tout puissant, renonce à tout pouvoir sur la croix, ce n’est pas de la religion qu’il s’agit. Ainsi il y a de la modernité dans le christianisme et c’est pour cela que ce mouvement de modernité est né du christianisme. Mais encore faut-il que l’Eglise reste un lieu de liberté et de parole, qu’elle réponde à ce besoin, ainsi le service et le salut que nous pouvons apporter à l’humanité c’est que l’Eglise soit un lieu de liberté pour l’homme, un lieu de partage. L’homme chrétien doit se faire reconnaître comme un homme de la modernité. Oser penser notre foi, oser penser la tradition, oser prendre la parole, oser prendre la responsabilité de ce que nous croyons, de ce que l’on vit en Eglise, de ce que l’on veut dire au monde.

Puis dans les ateliers il y a eu de nombreuses questions, dont quelques unes m’ont particulièrement touchée : Une question sur l’eucharistie. Globalement il a défini 2 sortes d’eucharisties : On pourrait retrouver une eucharistie plus officielle, ritualisée, qu’on appellerait l’eucharistie canonique, qui serait plus à vocation universelle, celle que l’on connaît présidée par un ministre ordonné ; mais cette forme ne peut pas perdurer partout compte tenu de l’évolution, aussi, comme rien n’empêcherait les chrétiens de faire mémoire du Seigneur autour du partage, il faudrait que les chrétiens inventent des célébrations qui ne singeraient pas l’eucharistie canonique, un repas où on ne consacrerait pas, sans utiliser le vocabulaire du sacerdoce institué. Une célébration eucharistique c’est recevoir Jésus parmi nous, c’est nous reconnaître frères les uns des autres, aussi pourrions nous partager des repas, que l’on appellerait des « eucharisties domestiques ». Il faut absolument qu’on aie des eucharisties qui soient vraies, et qu’on vive l’Evangile au sein de nos eucharisties. S’il n’y a pas de rapport entre les deux nos eucharisties sont menteuses.

Question sur les changements : selon lui l’Eglise bougera par les pieds (= la base, c’est-à-dire nous). Garder prudence, rester dans un esprit fraternel, ne pas choquer, mais oser quand même. Multiplier les communautés de base, la papauté c’est ce qui évoluera en dernier. Si le corps évolue (et on va le faire) la tête évoluera. L’Esprit est dans tout le corps, tous les sens. Quand les chrétiens évolueront sous forme d’une résistance, d’une indépendance, les évêques évolueront. Être en dehors ce n’est pas être contre. L’Eglise bougera avec les pieds. En fait Jésus aussi a mis de la modulation dans toute cette approche du sacré et du consacré, il nous a toujours bien précisé qu’on était purs non pas par les ablutions mais par toutes nos paroles, tous nos cris du cœur. »

Marie-Claire : « Moi, ce qui m’a frappé pendant ces 2 jours, c’est qu’il nous a encouragé à oser, non dans une relation de pouvoir, pas dans la violence, mais dans une paix qui l’habite, lui, et qu’il sait transmettre. Mais oser tout d’abord sans faire fi de la tradition : Nous avons un droit de propriétaires de la tradition, mais nous avons aussi un droit d’invention, ce n’est pas qu’un dépôt sacré. Dans le trésor qui nous est confié nous découvrons des choses nouvelles dans un monde nouveau, ce qui rejoint la question de la modernité. La foi évidemment se traduit par rapport à une tradition, dans le sens d’une continuité historique, dans le sens d’une appartenance à une histoire commune et qui continue. Ce n’est pas par rapport à des traditions doctrinales particulières, dont certaines sont devenues incompréhensibles, ce qui n’est pas grave parce qu’elles ne servent plus à rien (il ne l’a pas dit exactement comme ça mais le sens général était de ne pas se faire des « nœuds » avec des choses qui n’en valent pas le coup…). La tradition n’est donc pas l’accumulation de doctrines qui ont vu le jour au cours des temps et dont beaucoup ne sont plus compréhensibles aujourd’hui mais c’est plutôt la continuité de la référence à la foi, son origine historique, c’est la continuité de l’enseignement du Christ et des apôtres. La tradition conçue comme ça ne nous ramène pas à une somme théologique qu’il faudrait entasser. La fidélité à la tradition c’est s’habituer à recueillir le Souffle avec un grand « S » qui a traversé les temps. La tradition, la vraie, celle qui est vivante, n’est pas la répétition mais une incessante innovation à la poursuite de la Vérité pour annoncer la même bonne nouvelle dans toutes les langues du monde, dans toutes les cultures et partout où nous sommes. Voilà ce qui m’a frappé dans cet exposé, alors que nous, nous sommes plutôt enclins à vouloir balancer la tradition parce qu’elle nous semble paralysante.

Deuxième idée qui m’a frappée : Oser sortir de nos chapelles. C’est prendre la responsabilité de ce que nous croyons et de ce que nous voulons vivre. Oser d’abord prendre nos responsabilités de croyants individuels, de croyants en Eglise, et, aussi important, de croyants dans le monde. Nous devons prendre notre responsabilité personnelle de chrétiens, sachant que la foi n’est pas une science mais un acte de confiance qui demande à se renouveler. Elle vient de l’enseignement des apôtres. Les récits évangéliques sont des livres de foi, mais ils sont sujets à interprétation. Pourquoi tant de bagarres quelque fois sur des propos, ça n’en vaut pas la peine. Il nous faut comprendre avec notre intelligence d’aujourd’hui, lire l’Ecriture avec un esprit critique, avoir une foi critique, et les discussions permettent de discerner. On peut réfléchir, on peut contester, on peut se confronter, l’objectif étant de parvenir à une foi critique. Lire et étudier avec d’autres. MERLEAU-PONTY a dit : « On ne va pas au vrai les uns sans les autres », c’est extrêmement important, il nous faut revivifier toutes ces petites communautés de base. Importance de nous demander à nous même aussi quels sont les fondements de notre foi, en quel Dieu nous croyons : on ne peut pas en faire l’économie. Quel est l’intérêt de croire en Eglise ? Et cette recherche est forcément élan de liberté, et c’est bien ce à quoi en est appelés comme les épîtres le disent souvent. Prendre aussi notre responsabilité de chrétiens dans l’Eglise, qui est communauté de parole, d’action, et de débat : il est important d’être rattaché à une institution structurée universelle mais il est tout aussi important de participer activement, librement, aux délibérations. Veiller aussi à être responsables de l’organisation : faire entendre notre foi c’est nécessaire, parce qu’on est majeurs… Il nous faut restaurer les communautés évangéliques qui ont disparu avec les restructurations paroissiales, travailler pour conseiller l’organisation des communautés dans la communion avec une hiérarchie venant de la tradition. Osons bouger sans craindre, quelques pas de travers, de côté. Et on a bien le droit de se tromper ! Regroupons-nous pour la lecture de la parole, la nourriture de l’eucharistie. Jésus n’a pas voulu nous nourrir par les seules voies de la tradition. Responsabilité de l’annonce au monde : Notre société est sans Dieu, nous devons annoncer la bonne novelle du salut, c’est-à-dire un Dieu qui a renoncé à tout pouvoir. Cette bonne nouvelle c’est l’Esprit d’amour universel. Jésus nous confie son humanité, le salut de toute l’humanité. Comment l’Eglise va-t-elle répondre, comment va-t-elle prendre en charge l’annonce de l’Evangile, permettre la libération de l’homme ? Jésus nous confie l’humanité, le salut de toute l’humanité. »

Loïc, pour sa part, distribue 2 textes tirés de « Dieu qui vient à l’homme », volume 1. Du Deuil au dévoilement de Dieu. CERF 2002. La 1ère idée, pages 120 à 122, est relative à la modernité, avec la thèse selon laquelle le message évangélique est celui de l’émancipation et de la libération, autrement dit c’est lui, le message des Lumières. La 2ème idée, page 446, est un examen critique de la tradition. La 3ème idée, pages 464, 468 à 469, c’est la conversion à opérer du Dieu tout puissant et aliénant que tout homme conçoit spontanément vers le Dieu de la croix qui est chemin de libération.

A Suivi un temps d’échanges en petits groupes sur les idées évoquées, puis un temps de partage spontané des fruits des réflexions des un(e)s ou des autres, avant un temps de prière en commun.

 Propos enregistrés et mis en forme par Jean-François

 

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Quel avenir pour nos communautés ?

AG – Pentecôte 2008

9 et 10 février 2008

Quel avenir pour nos communautés ?

A la rentrée de septembre 2008, je serai curé de chacune des quatre paroisses de mon doyenné. Soit un ensemble de 17 villages, de 21 lieux de culte pour 27 à 30000 habitants.

Nous sommes 28 prêtres de moins de 65 ans. Dans les dix ans qui viennent, cela n’en fait pas deux par doyenné et cela concerne aussi bien le rural que la ville.

Vingt ans après, le schéma du synode n’est plus opérant. Alors que nous avions pensé les nouvelles paroisses organisées autour du curé et de la pratique eucharistique dominicale sur un territoire à taille humaine, humainement et chrétiennement cohérent, il ne peut plus exactement en être ainsi aujourd’hui. Nous en arrivons à nous demander ce qu’est une communauté chrétienne, ce qu’il faut pour qu’elle existe, qu’elle vive ?

1. La communauté chrétienne

La communauté chrétienne ne se réduit pas à l’assemblée dominicale. Au demeurant, cette assemblée est le signe de l’existence d’une communauté, une communauté  de baptisés, qui croit en la mort et la Résurrection de son Seigneur et qui se rassemble le dimanche et pas un autre jour.

Une communauté est faite de liens tissés, de liens humains, les liens de la vie de tous les jours. Non seulement les liens des membres de la communauté entre eux, mais aussi des membres de cette communauté avec les hommes et les femmes au milieu desquels ils vivent : liens humains, associatifs, politiques peut-être. Elle est la communauté des baptisés qui fait corps, au milieu des hommes et des femmes de ce temps et, ce faisant, elle rend présent le Christ, elle est signe de sa présence.

Pour le dire d’une autre manière, la communauté pour exister doit être incarnée dans des liens humains, sur un territoire donné, incarnée dans une histoire locale.

C’est une donnée anthropologique : l’être humain est ainsi fait qu’il a besoin d’habiter un territoire, qu’il a besoin de savoir où il habite, qu’il a besoin de racines. Il est intéressant de constater qu’à l’heure de la mondialisation, du village planétaire -qui pourrait lisser les particularismes des peuples-  on n’a jamais autant entendu parler des identités nationales ou régionales, du peuple corse, du peuple basque, de la culture bretonne. Comme si l’humain, pour ne pas être absorbé par la globalisation, revenait à sa terre. Nous sommes des animaux sociaux et ce faisant nous avons besoin de repères spatiaux-temporels à taille humaine.

La communauté est lieu de vie et repère pour ses habitués, mais elle est aussi repère pour ceux qui ont besoin d’elle : résidant à tel endroit, je me tourne vers telle communauté. Si les communautés ne sont plus clairement identifiées, nos frères et sœurs dans l’attente d’un service, d’un accompagnement vont se décourager et ne plus rien demander. Pas de témoignage sans une communauté visible. Un paroissien qui ne pratique pas dans une de mes paroisses mais qui préfère venir au Mans « parce que c’est plus si ou plus ça », me disait qu’il ne comprenait pas pourquoi l’Eglise tenait tant à ce découpage territorial, qu’après tout, il fallait mieux aller vers des communautés d’élection, où chacun se sent bien !

Génération cocooning ! Ce raisonnement me semble dangereux à deux titres : le premier que je viens d’évoquer –on ne fait plus signe là où on vit-, le second en créant non pas des communautés mais des communautarismes. Ce n’est pas cela l’Eglise. L’Eglise, c’est apprendre à vivre ensemble, à construire la paix ensemble dans la diversité des manières de vivre et de croire, pour dire au monde que cette paix est possible et il y a là un enjeu de Salut pour le monde ! Voyez comme ils s’aiment !

Si nous restons sur le schéma du synode, nous allons étendre encore les territoires. Nous ne ferons pas communauté chrétienne. Nous ne serons pas signes si nous centralisons la vie chrétienne au niveau du doyenné ou de supers paroisses.

Quoiqu’en disent les sondages, il n’est pas juste de penser que les personnes se déplaceront. Nous l’avons vérifié lors des regroupements de 1988 et, aujourd’hui encore, les manifestations de doyenné ne rassemblent que quelques convaincus, les autres, dans le meilleur des cas, restent derrière leur téléviseur. Nous allons abandonner des chrétiens qui ne seront plus signes de la présence du Christ là où ils vivent.

De ce point de vue, la communauté chrétienne, serait l’ensemble des baptisés vivant leur humanité et leur foi entre eux et avec les non-chrétiens, sur un territoire donné, à taille humaine. Cette communauté, identifiée comme telle, prend corps dans l’assemblée dominicale eucharistique ou non.

2. Mon expérience dans le doyenné Couronne-Ouest

Pour l’heure, je suis curé de trois des quatre paroisses de mon doyenné. A mon arrivée sur le doyenné, il y plus de quatre ans, j’étais plutôt partisan du centralisme. La réalité m’a complètement fait changer de point de vue.

Un confrère me disait un jour : « Je ne sais pas comment tu fais, moi je ne pourrais pas changer de public tous les dimanches, j’ai besoin de retrouver les mêmes gens ».

Personnellement, j’ai horreur de la routine, voilà qui tombe bien, mais surtout, je me rends compte de l’importance de préserver l’unité des communautés. Elles sont chacune différentes, même sur un petit territoire comme mon doyenné. Elles ont chacune leur histoire, leur caractère, leur tempérament, leur cohésion. Et c’est ce qui fait leur force, leur beauté. J’ai appris à les aimer chacune avec leurs particularités, signe de leur incarnation.

J’ai plaisir à les retrouver le dimanche, les unes différentes des autres. Si j’avais centralisé la vie chrétienne des communautés sur la Suze par exemple, j’aurais fait disparaître cette incarnation et il n’y aurait plus eu de témoignage. J’ai vite réalisé que je ne serais pas suivi. Et j’ai compris alors l’importance de l’enracinement local.

Avec les EAP des paroisses, nous avons fait le choix de travailler à l’autonomie des communautés chrétiennes. Je convoque l’InterEAP constituée de représentants des EAP et dans les jours qui suivent chaque EAP, localement, se réunit sans moi, sauf exception. Actuellement, nous réfléchissons à la mise en place de coordonnateurs d’EAP, je préfère aller plus loin et parler de « responsable de la communauté chrétienne ».

Il y a un accueil, au moins hebdomadaire, dans chaque presbytère. J’ai la chance d’avoir des présidents de sépultures connus et de plus en plus reconnus par une population qu’ils connaissent. Ils recroisent ensuite les gens dans les villages, à telle ou telle occasion. C’est cela qui tisse la communauté. Nous mutualisons nos forces pour la préparation au baptême et au mariage.

Pour le culte, je m’organise avec deux confrères de 73 et 80 ans pour assurer l’eucharistie dominicale. Jusqu’à cette année un quatrième confrère, plus âgé encore, dépannait l’un de nous pour une absence exceptionnelle ou un temps de vacances. Ce confrère est trop âgé aujourd’hui pour présider la messe le dimanche. Cette année, pour toutes les fois où l’un de nous manque, il a été décidé par les EAP des paroisses qu’il y aurait des assemblées dominicales autour de la Parole. Nous avons débattu et les EAP se sont dites prêtes, sous condition d’une formation pour mesurer les enjeux de telles pratiques, apprendre à faire et aider les membres de la communauté à réfléchir. De toute façon, c’était « assemblée de la Parole » ou rien et les membres des EAP ont vite réalisé qu’il en allait de la vie et de la visibilité de la communauté chrétienne. Ils ont pris le risque.

Nous en avons parlé à l’occasion certains dimanches, nous avons écrit un texte pour présenter les enjeux missionnaires et spirituels de se rassembler le dimanche autour de la Parole. Les équipes liturgiques, après formation, se sont lancées. Elles ont déployé des trésors d’inventivité pour proposer un rassemblement beau et priant et elles y ont trouvé du bonheur. Certes, il y a des gens qui choisissent d’aller ailleurs, mais ceux qui sont restés, qui ont fait l’effort de dépasser les préjugés, ont changé d’avis. J’ai des retours étonnants de personnes pas vraiment partantes à la base. Ils mesurent qu’un nouvel esprit de communauté se fait jour. Comme si livrés à eux-mêmes, livrés à leur propre responsabilité de baptisés, ils apprenaient à faire corps, à faire communauté.

A force de pédagogie, d’explication, d’esprit de corps, d’esprit d’Eglise, d’Esprit tout court, je mesure que les jugements évoluent. C’est pourquoi, je ne crois pas qu’il faille écouter outre mesure les sondages qui nous disent que les gens ne veulent pas de ces assemblées. Les chrétiens choisissent ce qu’ils connaissent. Nous ne pouvons pas leur en vouloir, 50% d’entre-eux ont plus de 65 ans. Enfermés que nous sommes dans la théologie du Concile de Trente, nous en sortirons si nous nous en donnons les moyens.

Je suis sûr qu’aujourd’hui certains de mes paroissiens ne répondraient pas, à cette question sur les assemblées de la Parole, ce qu’ils ont répondu l’an dernier dans le questionnaire. Ils se sont formés, ils ont réfléchi, prié j’espère, et surtout, ils ont vécu.

Pour conclure, je dirai que je mesure combien en fonctionnant ainsi, en travaillant à l’autonomie des communautés chrétiennes paroissiales, ces communautés se révèlent et, paradoxalement, la communauté qui a le plus de mal à prendre cette autonomie, c’est celle où je réside…

Nous pouvons nous interroger des heures sur ce qu’est une communauté chrétienne, sur ce qu’il faut pour qu’elle existe. Il faut peut-être que nous les curés, nous lâchions la main de nos communautés pour qu’elles se réalisent par elles-mêmes, que nous les laissions exister.

3. Un schéma pour l’avenir

Pour terminer, je résume ma pensée et je vous propose un schéma pour l’avenir, parce qu’il faut bien travailler sur du concret.

La mission de la communauté chrétienne est de vivre l’Evangile par les relations humaines qui la constituent. Ce faisant, elle propose la foi en étant signe de la présence de Dieu au milieu du monde, sur un territoire donné. L’enjeu se situe bien au niveau d’une transmission/proposition de la foi (Forum 1).

Or les sociologues qui ont travaillé les questions de transmission disent qu’il n’y a de transmission possible que portée par une institution forte qui développe « une politique », « une stratégie » de transmission, sur un territoire donné (argumentaire de Régis Debray, dans son livre Transmettre, Odile Jacob 1997).

En termes « catho », cela donne ceci : avec la Grâce de Dieu, il n’y a de proposition de la foi possible que portée par le peuple de Dieu, la communauté chrétienne locale, qui développe une pastorale de proposition, sur un territoire donné (pour nous la paroisse ou la communauté catholique locale). Même si la communauté chrétienne ne se réduit pas au territoire, cette notion territoriale me semble capitale d’abord d’un point de vue anthropologique : nous sommes des animaux sociaux qui vivons là et pas ailleurs.

Et voici le schéma :

Il semble incontournable de mettre en place des communautés catholiques locales au sein des paroisses et des doyennés (cf le travail des doyens en 2007), animées par des laïcs responsables au titre de leur baptême.

Le dimanche, la communauté se rassemblera autour de la Parole de Dieu (ADAP). Une fois par mois, ou deux fois par trimestre, les chrétiens de la paroisse se retrouveront pour l’Eucharistie.

Les différents services propres à la vie de nos actuelles paroisses sont peut-être à mutualiser entre les différentes communautés chrétiennes de la paroisse ou du doyenné.

Le prêtre, accompagnateur de ces communautés sur une paroisse donnée ou sur un doyenné, veillera à la communion du peuple de Dieu, à l’accompagnement spirituel des communautés locales. Il devient nomade.

L’enjeu d’un tel dispositif est :

–       de ne pas éloigner la vie chrétienne des lieux de vie des chrétiens pour leur permettre d’être témoins là où ils vivent. Si nous centralisons la vie chrétienne autour du prêtre et de l’eucharistie nous allons désertifier chrétiennement les territoires et ne plus rien annoncer.

–       de permettre à la communauté catholique locale de porter les joies et les peines de la communauté humaine locale avec les autres habitants, de se rendre solidaire.

–       de permettre au prêtre de recouvrer une disponibilité pour tous à l’intérieur et à l’extérieur de la communauté (engagement associatif par exemple).

–       de faire avancer l’œcuménisme en adoptant une pratique plus proche des communautés protestantes.

–       de ne pas encourager les chrétiens à faire des déplacements qui concourent au réchauffement climatique…

Il me semble essentiel qu’un tel projet soit porté et défendu par la hiérarchie diocésaine, sans quoi nous n’aiderons pas le peuple de Dieu à réajuster sa pratique et sa foi.

Enfin, je crois qu’il faut avoir un peu d’audace, le peuple de Dieu est prêt à ces changements, demain, il sera trop tard.

Père Renaud Laby

Doyenné Couronne Ouest

Des ADAPs ou des messes ?

Doyenné de la Couronne-Ouest

Paroisses de la Suze, Roëzé, Fillé, Louplande et Foulletourte

Quelques convictions sur la question du rassemblement dominical

Depuis ma prise en charge de tout le doyenné, malgré la présence de trois confrères retraités, nous avons cessé de tourner dans les différents villages des paroisses. La messe dominicale est donc théoriquement célébrée en un lieu central dans chaque paroisse. Depuis, des personnes ont cessé toute pratique.

En 2006, dans l’incapacité de proposer la messe chaque dimanche dans chaque paroisse, les EAP ont choisi de mettre en place deux à six Assemblées Dominicales Autour de la Parole (sans communion) par an et par paroisse. Les équipes liturgiques ont été formées. Avec la maladie de deux des trois prêtres retraités, le nombre des ADAP a augmenté. Elles sont aujourd’hui proposées une à deux fois par mois.

Forts de cette pratique des ADAP depuis plus de  quatre ans, je constate :

  1. Que l’habitude est prise par les fidèles malgré les légitimes réticences du début.
  2. Qu’il y a moins de monde qu’à une messe (entre 25 et 40 personnes contre 30 à 70 personnes pour la messe selon les lieux), mais les gens sont heureux de s’y retrouver. Paradoxalement, les fidèles disent qu’ils se sentent faire corps. Des gens qui ne peuvent s’approcher de la table eucharistique s’y trouvent bien. La paroisse ne se fait pas exclusivement par l’eucharistie : j’en suis témoins. L’ADAP peut être une belle célébration qui creuse le désir de l’eucharistie.
  3. Que cette pratique évite une dispersion des fidèles et entretient les liens fraternels nécessaires à la vie de la paroisse et au maintien des services pour la mission de proximité. Ainsi la paroisse ne dépérit pas.
  4. Qu’une minorité de personnes qui la désire se déplace vers la messe la plus proche.

Chaque fois que la messe est centralisée sur le doyenné (cendres, semaine sainte, quelques dimanches par an, etc.),  je constate:

  1. Que ce sont, certes, des moments de fête nécessaires, mais que seuls se déplacent les fidèles, « piliers » de nos paroisses. Les autres (la majorité) ne pratiquent pas à ces occasions sinon via leur petit écran peut-être.
  2. Que le co-voiturage, chaque fois qu’il est proposé, est un échec. Il est difficile à mettre en œuvre. Cela ne marche pas.

Faut-il centraliser, aujourd’hui, la messe dominicale au niveau du doyenné ? Je ne le pense pas, pour plusieurs raisons :

  1. Le risque est grand de se retrouver entre « piliers » et convaincus seulement. Les familles du caté ont du mal à se déplacer sur un tel territoire. Nous le mesurons déjà.
  2. On accélère la déchristianisation des campagnes, en abandonnant les personnes qui ne se déplaceront pas, en détruisant les paroisses dont les membres ne se rassembleront plus localement et en décourageant les fidèles bénévoles qui ne s’engageront pas forcément au niveau du pôle eucharistique éloigné de leur lieu de résidence.
  3. Qu’est-ce qui est juste : être dans la norme ou permettre au plus grand nombre de fidèles de pratiquer sa foi ?

Enfin, vu l’âge moyen des fidèles et le rythme de vie des jeunes familles, est-il réaliste d’envisager fidéliser les paroissiens sur des rassemblements à l’Eglise hors du dimanche, inscrit en chacun comme jour du Seigneur? Dans mon doyenné, les propositions spirituelles en semaine rassemblent très peu de monde.

Bref, centraliser le culte dominical au niveau d’un doyenné autour de l’eucharistie et du prêtre et penser que les paroisses continueront d’être missionnaires localement n’est-ce pas viser la quadrature du cercle? Est-ce consentir au réel ?

La question du dimanche est liée à celle de la vie des paroisses et de leur existence territoriale. C’est un chantier qu’il devient urgent de mener et qui mérite une démarche synodale du peuple de Dieu en Sarthe.

Renaud LABY

Compte-rendu de la plénière du 10 juin 2012

CeM72 – La Suze – dimanche 10 juin 2012 (15h30-18h) – PLENIÈRE

 

COMPTE-RENDU

 

 

32 présents.

Partage de la parole : Marc 14, 12-16.22-26

 

Traitement de l’ordre du jour

  1. Témoignage de Renaud Laby au moment où il s’apprête à quitter ses fonctions à la tête du doyenné de la Suze. Renaud accepte de nous confier les deux textes qui ont servi de support à son intervention (documents joints).
  1. Réflexion sur la mise en œuvre du point III.9 de notre règlement intérieur (« aider et  soutenir toute communauté de base qui se formera dans le diocèse sur la base des principes de l’association définis dans le règlement intérieur »). Nous avons entendu les promoteurs de certaines initiatives :
  • « Café-partage » à St Liboire (Roland Becdelièvre). L’initiative a été prise il y a huit ans au moment de la reconfiguration paroissiale dans le but de garder une autonomie locale. D’ « assemblée du partage », elle est devenue ensuite « café partage » afin d’essayer de se mettre à la portée de ceux qui n’ont plus de pratique religieuse. Tolérée par le curé, se tenant dans les locaux paroissiaux, chaque rencontre est préparée à l’avance – entre 20 et 25 participants le plus souvent. On commence par un café – chacun est invité à amener quelque chose à partager. Le partage se fait ensuite sur un texte qui n’est pas nécessairement tiré de l’évangile – on s’efforce d’être le plus concret possible. On termine par le Notre Père.
  • Paroisses Ste-Thérèse, Christ-Sauveur et St-Bernard (Geneviève Caillebotte). Là aussi à la suite des diverses restructurations (la dernière en 2010 : départ des Fils de la Charité et arrivée de l’Emmanuel), une assemblée se réunit pour tenter de réponse à la question : « à quoi tenons-nous ? » – c’est l’accueil qui a la priorité dans les réponses. À la suite de cette initiative, se constitue en avril 2011 un groupe de partage (sur la pensée du P. Moingt, sur l’initiative Diaconia). Mais le souci est de ne pas se couper des gens de la paroisse : quel devenir de la paroisse ? de l’Eglise ? comment partager le vécu ?
  • D’autres initiatives se cherchent. A Ste-Croix existe un groupe mensuel de partage de la parole. Dans le contexte actuel de probable restructuration, on pourrait aussi en faire le noyau d’une communauté locale qui prendrait en charge à la fois le ressourcement spirituel, le vécu, la solidarité (tout spécialement avec les plus âgés), etc.
  1. Retour sur les groupes « piliers » (ainsi nommés pour les distinguer des groupes « à thème »)
  • Groupe « événements » : lecture d’un message de Gwenaëlle (qui se sent bien seule dans la prise en charge de ce groupe et qui souhaite vivement être épaulée – qu’on se le dise !). Cinq événements sont déjà programmés :
    • Mardi 12 juin, 20h30 à Allonnes : restitution des journées « Moingt » à Nantes par cinq d’entre nous qui ont fait le déplacement.
    • la venue de Christine Pedotti le 11 octobre (l’Etoile est retenue – 18h. projection d’un documentaire sur Vatican II, possibilité de repas, 20h30 Christine Pédotti sur La bataille du Vatican.
    • dans la semaine du 17 au 24 novembre : veillée de prière autour des séparés, divorcés, remariés.
    • En novembre ou décembre : une conférence de François Dufeu sur son livre Le mystère de la désincarnation.
    • Juin 2013 : organisation d’un « pique-nique du partage » qui regrouperait les « communautés de base » – comme celles dont il a été question au point précédent.
    • Groupe « communication » : un premier numéro de la Newsletter est paru, le prochain doit paraître début juillet. Le groupe est incapable à lui seul de réaliser la totalité de la chose : il faut que chacun songe à apporter sa contribution en livrant autant que possible un contenu déjà mis en forme
    • Groupe « suscitation d’écrits » : Xavier Margueritte présente l’initiative. Il s’agit pour quelques volontaires (quatre pour le moment) de prendre le temps d’ici septembre d’écrire un petit texte de réponse à la question « Chrétien aujourd’hui, pour moi, c’est quoi ? ». Les trois promoteurs du groupe (Xavier, Bénoît et Loïc) s’engageant à faire de même, lecture sera faite des sept contributions au cours d’une réunion puis discussion et retravail en vue d’une publication.
    • Groupe « cahier de bien-veillance » : il élabore très prochainement un premier contenu à paraître dans la prochaine « Newsletter ». Mais là aussi, il faudrait que chacun songe à apporter sa contribution.
  1. Questions diverses

 

  • Marie-Noëlle Fabre signale que dans le cadre de la formation permanente elle proposera à la rentrée la lecture suivie du livre de Joseph Moingt, Croire quand même.  Elle invite le plus grand nombre à participer à l’entreprise, chacun s’engageant à préparer chaque rencontre en lisant au préalable le chapitre programmé.
  • Brigitte Langé regrette vivement qu’aucun membre de CeM72 n’ait participé à la formation sur « Sacerdoce commun des baptisés » alors même qu’un groupe à thème a traité de la question.

CR : Loïc de Kerimel

19 juin 2012